L’ascension politique fulgurante du fils du Président fait des émules. A son instar, Hugues Martin Sisteron, 23 ans, envisage d’entrer en politique aux cantonales dans l’Oise. Portrait.
Les cheveux blonds mi-longs. Une chemise rose cintrée largement ouverte portée sur un jean avec des mocassins en cuir marron. Un trois quarts posé à cheval sur le bras. Hugues Martin-Sisteron a le look en vogue à l’UMP, celui de Jean Sarkozy. D’ailleurs le jeune homme de 23 ans est souvent confondu avec le fils du Président.
Quelques semaines après les élections présidentielles, le sosie du candidat aux cantonales de Neuilly passait en vélo avec son frère près de l’Elysée. Les gardes républicains l’ont salué. « Nous étions morts de rire quand ils m’ont ouvert les portes du palais présidentiel », s’amuse-t-il.
Si Hugues Martin-Sisteron ressemble à Jean Sarkozy, il s’identifie au père de celui-ci. Encarté depuis cinq ans à l’UMP, le militant aux épaules sculptées dit admirer « ce type ». « Nicolas Sarkozy est un hyperactif, un entrepreneur, un homme d’action, pas un technocrate, je me reconnais là-dedans », ajoute l’étudiant en droit des Affaires à Paris.
Il défend comme un candidat en campagne la politique menée par le chef de l’Etat. « Il faut réhabiliter la notion de travail. Je ne peux pas accepter que quelqu’un refuse trois-quatre boulots d’affilée parce ça ne lui plaît pas », argumente la jeune pousse à propos de la lutte contre le chômage.
Cet habitué du Fouquet’s essaye de mettre en pratique ses idées. Il y a 4 ans, Hugues Martin-Sisteron a trouvé un travail de palefrenier dans un haras à un SDF séropositif avec lequel il avait sympathisé dans le métro. « La gauche n’a pas le monopole de la solidarité », attaque celui qui est très éclectique dans ses relations.
Son bagou lui a permis de recruter sept personnes pour l’UMP. Le militant élégant transmet tous les textos, mails et invitations qu’il reçoit de la part de la direction de son parti. « Pour réunir 70 personnes, il faut envoyer 25000 mails. C’est difficile de mobiliser en politique », constate-t-il.
Malgré des convictions fortes, Hugues Martin-Sisteron boude les séances de tractage et de collage d’affiches. Il ne s’est porté qu’une seule fois volontaire, pendant les élections régionales de 2004. A l’engagement qu’il qualifie de « labrador », il préfère les petits-déjeuners débats en compagnie de François Fillon ou Rachida Dati.
Tous les jours, celui qui espère faire carrière dans les rangs de l’UMP consacre au moins une heure à podcaster des émissions politiques. Il s’imbibe aussi de la pensée des plus grands pour se former un jugement. Schopenhauer, Malraux, Condorcet, Tocqueville ou Spinoza. Dans un carnet noir, le Moleskine d’Ernest Hemingway, il note tout ce qui le frappe.
Celui qui a grandi dans l’Oise hésite à s’y présenter pour les élections cantonales. « Ca m’attire depuis longtemps », confie-t-il dans un sourire. Le passage à l’acte de Jean Sarkozy l’y incite. « Ce qu’il fait, argumente-t-il, je peux le faire puisque j’ai cinq ans de plus d’expérience politique ».
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