Après avoir déclaré vouloir s’investir dans les élections municipales, le président de la République affirme, le 22 janvier, qu’il n’a « pas (à) se mêler des élections municipales ».
Patrick Bloche, directeur de campagne de Bertrand Delanoë et candidat dans le XI eme arrondissement de Paris, considère que ce scrutin est avant tout local.
Quels sont, selon vous, les enjeux des élections municipales des 9 et 16 mars ?
Les élections municipales se jouent avant tout sur des enjeux locaux. Les campagnes électorales telles que je les ai vécues, et telles que je les vis encore à Paris, montrent bien que les électeurs ne confondent pas les scrutins. Sur le terrain, ils nous parlent logement, environnement, propreté, déplacement ; des sujets qui les concernent directement. Ces thèmes très locaux sont bien évidemment de nature politique, mais les questions nationales ne sont pas évoquées.
Le déterminisme de l’électeur peut cependant l’amener à avoir des considérations nationales. Il peut se dire « je ne vais pas voter UMP, parce que je ne suis pas content de la politique que Sarkozy a mis en place depuis huit mois ». Cette réflexion peut ainsi amener l’électeur à considérer, même étant de droite, qu’un maire comme M. Delanoë est un bon maire. Je pense que la fonction de maire permet d’aller au delà des clivages partisans nationaux habituels et de rassembler plus largement. Dans des villes qui votent à gauche aux élections nationales, les citoyens peuvent élire des maires de droite et inversement.
Les éléments nationaux de ce scrutin sont connus par l’électeur au moment de se prononcer. Ils peuvent conforter son vote ou éventuellement l’orienter.
Concernant Paris, le débat entre Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu ne se fait pas sur des sujets nationaux. L’enjeu est bel et bien la capitale.
La réélection de Bertrand Delanoë serait considérée comme un assentiment des Parisiens vis-à-vis du bilan du maire sortant, ou comme une sanction contre le gouvernement ?
La réélection de Bertrand Delanoë signifierait que les Parisiens trouvent qu’ils ont un bon maire et qu’ils veulent le garder.
Après au niveau national, si l’UMP perd un grand nombre de grandes villes françaises, que l’on traduise cela comme une défaite de l’UMP et de la politique Sarkozy, c’est une interprétation nationale. Méfions nous cependant de ce type d’analyse. En 2001, le fait que la gauche l’emporte dans un certain nombre de grands villes comme Paris et Lyon a été vécu comme une victoire de la gauche aux municipales, là où nous avions perdu beaucoup de villes moyennes. Finalement le scrutin de 2001 annonçait le sinistre premier tour de l’élection présidentielle de 2002.
Mais au PS, F. Hollande a appelé à adresser un carton jaune au président et au gouvernement lors de cette élection. Il ya donc bien un enjeu national ?
Ce que François. Hollande a voulu signifier, c’est que lorsque l’on regardera les résultats sur toutes la France, si l’UMP perd un nombre conséquent de villes moyennes, voir certaines grandes villes, l’interprétation en sera politique.
De mon point de vue cela se jouera avant tout sur des enjeux locaux. Mais si l’UMP perd les élections, les commentateurs seront les premiers à dire « Sarkozy perd les municipales ».
David Couloume

Né en 1956 à Neuilly sur Seine, Patrick Bloche a commencé sa carrière politique en 1981 comme assistant parlementaire, après des études de sciences politiques et de droits.
Membre du Parti socialiste depuis 1972, Patrick Bloche est conseiller de Paris depuis 1995. Il préside le groupe socialiste et radical de gauche à l’Hôtel de ville de Paris depuis le 22 mars 2001. Premier adjoint au maire du XI eme arrondissement, le radical Georges Sarre, entre 1995 et 2001, il est tête de liste PS pour les municipales de mars 2008.
Elu député de la 7e circonscription de la capitale en 1997, il entame en juin 2007 son troisième mandat.
M. Bloche devient premier secrétaire de la fédération socialiste de Paris en 2000, avec le soutien de Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant. Depuis 2003, il est membre du bureau national du PS.
