XXI parie sur le reportage long

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Patrick de Saint-Exupéry, grand reporter, et Laurent Beccaria, fondateur des éditions des Arènes, viennent de lancer un nouveau trimestriel : « XXI »[1]. Sorti en librairie le 17 janvier, ce magazine signe le retour du reportage long sous toutes ses formes. 

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XXI, c’est la nouvelle aventure dans laquelle s’est lancé Patrick de Saint-Exupéry. Depuis 6 mois, le prix Albert Londres 1991 a pris un congé sans solde au Figaro pour se consacrer à son nouveau projet avec Laurent Baccaria, fondateur des éditions Arènes. XXI, c’est 198 pages de reportages en tous genres - textes, photos, illustrations, bandes dessinées - pour «  raconter par le bas, décrypter le monde d’aujourd’hui sans prescription ».

Ce trimestriel marque le retour du reportage long avec des articles de 30 feuillets soit 45 000 signes ! «  En textes, XXI c’est un livre », résume le petit neveu d’Antoine de Saint-Exupéry. Le premier numéro consacre un dossier à la Russie : « Russie, le dollar et le marteau ». En couverture, une poupée blonde au regard froid. Glaçant… La une est orientée au format paysage alors que les pages intérieures sont au format portrait. Une disposition inhabituelle qui reflète la singularité de XXI. « On a créé notre propre format car les formats qui existaient ne nous satisfaisaient pas. Ce que vous trouvez dans XXI, vous ne le trouverez nul part ailleurs », assure Patrick de Saint-Exupéry. Illustration de ce contenu insolite : une bande dessinée sur « les visiteurs de Gibraltar ».

Mais l’originalité de XXI ne s’arrête pas là. Ce « book » de reportages réunit une rédaction composée de journalistes, écrivains, dessinateurs, photo-reporters qui racontent « le réel sans dire aux lecteurs comment réfléchir, insite Patrick de Saint-Exupéry. Nous partons du postulat que le lecteur est adulte, responsable et curieux. Il lit et ensuite se pose des questions ».

Près de 40 000 exemplaires de XXI ont été vendus depuis sa sortie en librairie le 17 janvier. Un succès qui a dépassé les espoirs de l’équipe du trimestriel. Le concept « 100% lecteurs, 0% publicité et priorité au reportage long » a rencontré son public.


[1]XXI, Editions les Arènes, 15 €, trimestriel, n°1 paru le 17 janvier. Plus de reportages sur leblogde21.fr

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La bière mise sous pression sur le Net

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La publicité pour l’alcool sur le web vient d’être épinglée par une association de lutte contre l’alcoolisme. Ce type de publicité n’est pas soumis aux dispositions de la loi Évin. Une situation qui pourrait bien changer. 

L’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) s’attaque à la publicité pour l’alccol sur le Net. Mi-janvier, le groupe de bières a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris à retirer de son site toute publicité dans un délai de trois semaines et à payer 2 500 € à l’Anpaa.

L’association reprochait à Heineken d’avoir insérer sur son site Internet - heineken.fr - des publicités avec des références au bien-être comme une musique entrainante, des jeux ou encore un ventilateur. « On souhaite que les législateurs clarifient le statut d’Internet et que la publicité pour l’alcool entre dans le cadre de la loi Évin », explique Faye Wright de l’Anpaa. Selon la loi Évin de 1991, la publicité pour l’alcool est autorisée sur un certain nombre de supports comme la radio ou la presse écrite. Mais pas sur Internet.

Pour Maître Jean-François Fourgoux, l’avocat du groupe de bières, « Internet n’est pas véritablement un support, c’est un lieu de commerce. À ce titre, il n’y a pas de restrictions qui s’appliquent en matière de publicité. » Maître Fourgoux s’interroge aussi sur « Pourquoi Heineken ? ». Un agacement compréhensible car l’Anpaa assure qu’elle n’a pas engagé « d’actions juridiques contre d’autres marques de bières » alors que certains sites ne lésinent pas sur la mise en scène de leurs produits.

Chez les Brasseries Kronenbourg, principal concurrent d’Heineken, le discours se veut exemplaire. « En tant qu’entreprise citoyenne, on est sur une ligne de conduite qui est de respecter la loi », récite Jean Hansmaennel, directeur de la communication du groupe. Et, on en rajoute en vantant les vertus de la loi : « La loi Évin est une loi bien faite qui encadre sans castrer ! »

Avec son action en justice contre Heineken, l’Anpaa a levé le voile sur le flou juridique en matière de publicités pour l’alcool sur le Web. Outre la condamnation du groupe de bières, l’association a aussi interpelé le législateur sur la nécessité de modifier la loi Évin en y ajoutant un nouveau support : Internet.

Pour le moment rien n’est définitivement tranché puisque Heineken à fait appel de la décision rendue en première instance. Une affaire qui risque encore de faire des bulles !


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