Bertrand Monthubert : « Une politique de spécialisation
[de la recherche] serait extrêmement dangereuse »

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« La France a un rôle moteur à jouer en Europe », c’est en substance le message lancé par Bertrand Monthubert, président du collectif Sauvons la recherche (SLR), lors de la conférence autour du thème « L’Europe a-t-elle besoin des chercheurs français ? » qui a eu lieu mercredi à l’Institut pratique de journalisme à Paris. Mais dans un contexte européen, quel système de recherche pour la France ? « Une politique de spécialisation serait extrêmement dangereuse parce qu’aujourd’hui on est incapable de savoir les thématiques importantes de demain. Qui, il y a 20 ans aurait parié sur le climat ? », a demandé ce professeur des universités aux 80 étudiants en journalisme présents. L’identification du VIH (virus du Sida) comme rétrovirus, les recherches sur le prion décisives dans le traitement de la maladie de Crosfeld Jacob… Ces exemples illustrent une des spécificités du système français, défendue par Bertrand Monthubert, qui consiste à « prendre des risques c’est-à-dire à utiliser de l’argent pour rien ». Le président de SLR a insisté sur le fait que « si on n’est pas capable de lancer des travaux qui vont nulle part, on n’est pas capable d’avoir des travaux qui conduiront sur des avancées scientifiques ».Prenant l’exemple des pays nordiques comme le Danemark, la Finlande ou la Suède, Bertrand Monthubert a reconnu que ces « petits pays se sont spécialisés sur certains thèmes de recherche et ça marche très bien ». Néanmoins, il a mis en avant la nécessité pour la France de ne pas laisser de côté certains champs d’investigation. Le président de SLR a mis en garde : « Si on n’est pas capable d’être présent sur l’ensemble des champs du savoir, on va être dépendant des autres pour trouver des solutions à nos problèmes. »