OH MY BLOG!



Les municipales : enjeu local ou national?

« Je m’engagerai parce que le concept même d’élection dépolitisée est absurde ». Le 8 janvier, Nicolas Sarkozy ouvre le débat sur une éventuelle nationalisation du scrutin. Des déclarations suivies de près par celle de François Hollande et du Parti Socialiste. Depuis, chaque rang est revenu sur ses déclarations. La question demeure entière sur l’enjeu réel du scrutin. Interview de Patrick Bloche, directeur de campagne de Bertrand Delanoë.

L’enjeu du scrutin municipal des 9 et 16 mars prochains est-il national ou local?

Le scrutin municipal est un scrutin qui se joue avant tout sur des enjeux locaux. Et les campagnes électorales telles que je les ai vécues, telle que je la vis encore aujourd’hui à Paris, montrent que les électeurs ne confondent pas les scrutins. Ils se passionnent pour les enjeux locaux. Sur le terrain, ils nous parlent logement, environnement, propreté, déplacements. Et si ces sujets locaux sont bien évidemment politiques, les questions nationales ne sont pas évoquées.

La politique nationale n’a donc pas d’influence sur la campagne et le scrutin ?

Evidemment, le déterminisme de l’électeur qui va voter peut l’amener à avoir aussi des considérations nationales. Il peut se dire je ne vais peut-être pas voter UMP parce que je ne suis pas content de la politique mise en place par Nicolas Sarkozy depuis huit mois. Et ça peut l’amener à considérer, même en étant de droite, qu’un maire comme Delanoë est un bon maire. Je pense justement que cette fonction de maire permet d’aller au delà des clivages nationaux habituels, de rassembler plus largement. Dans des villes qui sont à gauche aux élections nationales, il arrive qu’il y ait des maires à droite et inversement. Je pense donc que les éléments nationaux de ce scrutin sont sans doute un élément que l’électeur a à l’esprit au moment d’aller voter et qui peut l’amener à conforter son vote, éventuellement, à l’orienter. Le débat Panafieu-Delanoe n’est pas un débat qui se fait sur des enjeux nationaux.

Donc pour vous la réélection de Bertrand Delanoë serait le signe de l’approbation de son bilan par les parisiens et non une sanction de l’action du gouvernement?

La réélection de Bertrand Delanoë, ce serait le fait que les parisiens et les parisiennes trouvent qu’ils ont un bon maire et qu’ils veulent le garder à ce poste. Après, si globalement, l’UMP perd un certain nombre de grandes villes françaises, on traduit ça par le fait que la droite ait perdu les élections municipales et que quelque part ça touche le président de la république et son gouvernement, ça c’est une interprétation nationale en tant que telle.
Mais méfions- nous à ne pas retomber dans les mêmes interprétations qu’aux municipales de 2001. Lorsque Paris et Lyon sont passés à gauche, ça a été vécu comme une victoire de la gauche aux municipales. On a vu une victoire là où on avait perdu beaucoup de villes moyennes, et là où ces élections municipales annonçaient le sinistre du premier tour des élections présidentielles de 2002.

Pourtant, la nationalisation des élections municipales n’est pas que le fait de l’UMP. Du côté du PS, les responsables on appelé au vote sanction en invoquant un « test national » ou un « carton jaune » à adresser au gouvernement.

Je crois que ce que François Hollande a voulu signifier, c’est la perspective que globalement lorsque l’on ira voir les résultats sur toute la France, si l’UMP perd un nombre conséquent de villes moyennes voire de certaines grandes villes, l’interprétation qui en sera donnée sera une lecture politique du scrutin.
Même si de mon point de vue, il se jouera sur des enjeux locaux, l’interprétation sera d’abord celle que donneront les commentateurs. Je suis prêt à parier que les commentateurs seront les premiers à dire, dans le cas, où l’UMP perde un nombre de villes conséquent, Sarkozy a perdu les élections municipales.
Pour en revenir à Nicolas Sarkozy, son revirement sur les municipales correspond à sa manière de présider. Après avoir réalisé que beaucoup de candidats voulaient faire oublier et le président et le sigle de l’UMP, il prend l’initiative, quitte à se contredire. A Paris, dans les arrondissements de droite, les maires sortants en oublient aussi Françoise de Panafieu. C’est dire où ils en sont arrivés.


Leave a Comment

You must be logged in to post a comment.