France Télévisions : y a-t-il une vie après la pub?
Début d’année difficile pour les 317 employés de France Télévisions Publicité (FTP). Le 8 janvier dernier, ils apprennent en direct, et par le président de la République la mort annoncée de leur activité. Depuis, ils réfléchissent à l’avenir de leur régie mais surtout à leur avenir à eux.
« Zéro licenciement » chez France Télévisions Publicité. C’est ce qu’a assuré le 18 janvier la ministre de la culture et de la communication Christine Albanel. Avant de préciser qu’il appartenait bien évidemment « aux dirigeants de France Télévisions de porter le dossier ». « La direction commence d’ores et déjà à bloquer certains postes dans le groupe » pour les employés de la régie, assure Dominique Savi, du syndicat USNA-CFTC. Mais pour beaucoup, cela signifie un « virage à 180 degrés ». La moitié des effectifs de la régie n’a en effet pas d’équivalence au sein du groupe. Il s’agit des métiers purement « commerciaux », bien loin de la vocation de France Télévisions.
« Tout le monde a déjà postulé quelque part »
Ceux qui ne veulent entendre parler ni de modalités d’accompagnement, ni de conditions de sortie, prennent les choses en main. Au service marketing médias, « tout le monde a déjà postulé quelque part » témoigne Marie, en apprentissage. Une de ses collègues vient même d’être embauchée en CDI chez TF1. Autant dire qu’elle n’a pas envie que cela s’ébruite. Car si la jeune génération pense à partir, les « vieux de la vieille », comme aime à se définir Marc Grether-Remondon, n’entendent pas « quitter le navire en pleine tempête ». La meilleure façon pour ce dernier de « sortir la tête haute », c’est de « faire son travail jusqu’au bout », c’est à dire jusqu’à la date fatidique de début 2009. Il relaie ainsi l’état d’esprit de ces employés très « attachés » à leur entreprise et à ses spécificités. D’ailleurs, ils s’accrochent notamment au possible maintien du parrainage et des contrats avec des chaînes thématiques.
Une inconnue de taille demeure cependant : auront-ils réellement du travail jusqu’en 2009? Car si les annonceurs commencent à quitter le service public avant cette échéance, l’année 2008 risque d’être quelque peu creuse pour les 317 employés. Ils doivent dès à présent convaincre les publicitaires de rester. Certains annonceurs sont attachés à la chaîne et à son offre : une cible privilégiée de « CSP plus », dans le jargon, les catégories socio-professionnelles supérieures. D’autres en revanche sont tentés par les « appels du pied de TF1 et M6 » qui cherchent selon le secrétaire général, à « déstabiliser le marché en leur assurant d’un espace publicitaire pour 2009, sans hausse des prix s’ils s’engagent dès aujourd’hui». Les deux chaînes concurrentes reprochent à France Télévisions de « brader » son espace publicitaire. C’est de bonne guerre.
