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Le blocage des universités vu par la presse : vers une radicalisation du mouvement ?

imgp0122.JPGLe blocage des universités vu par la presse : vers une radicalisation du mouvement ?

Affrontements, divisions, à en croire la presse, le mouvement de protestation des universités françaises a pris ces derniers jours une tournure radicale. C’est à travers les universités emblématiques du mouvement que les journaux abordent la question. Zoom sur les facs à la pointe de la contestation .

«Camaraderie interdite » entre les “pro” et “anti-blocage” à Nanterre selon le site rue89. En effet, les affrontements verbaux entre les deux camps par lesquels avait débuté la journée ont fini par laisser la place à une violence nettement plus physique avec l’intervention musclée des forces de l’ordre. Intitulé « intervention musclée sous les applaudissements » le titre de l’article est pour le moins évocateur. Un épisode policier qui n’est d’ailleurs pas passé inaperçu Outre-Manche puisque c’est ce que le Times a retenu du mouvement autour d’un slogan phare : « allez les bleus !» au moment de “l’assault” de la police. Un jeu de mot révélateur pour le journal du soutien apporté par certains “anti-blocage” aux policiers. Le blocage de cette université considérée comme l’emblème de mai 68 y est décrit comme le fait d’une minorité. L’exemple de Rennes II vient étayer cette thèse : lundi, à l’insu des 62% d’ étudiants qui avaient voté contre la reconduction du mouvement,le blocage a été maintenu. Ce qui a eu pour conséquence logique le renforcement des divisions entre les étudiants.

Une violence orchestrée? C’est ce que pensent certains étudiants de Nanterre qui avancent la thèse de la manipulation. L’Unef s’interroge dans l’Humanité sur les raisons d’une telle intervention policière. Le barrage filtrant des grévistes ne justifiait pas selon lui la présence d’une quinzaine de cars de police et le déploiement de gendarmes mobiles. Une idée que l’on retrouve dans Libération avec la prise de position du maître de conférence en économie Jean-Richard Helie. La décision du président de l’université Audéoud est perçue comme une volonté d’attiser violence et tension.

Le blocage vu de l’intérieur par Libération (qui se targue d’être le seul journal à avoir pu accéder à l’AG) souligne la difficulté des grévistes à formuler des contre-propositions claires et réalistes. Les assemblées générales fonctionnent à la manière d’un microcosme, comme à Tolbiac, dont le fonctionnement repose sur les habitudes acquises lors de la lutte contre le CPE .

Le point de vue développé dans les articles du Monde a d’ailleurs provoqué le mécontentement des concernés. Ces derniers sont venus manifester leur colère jusque devant le siège du journal. Leurs collègues de Libération n’ont pas été épargné.


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