La fureur du samedi soir pour les barmen parisiens.
Pour les barmen, la Coupe du Monde de Rugby n’est pas une sinécure. Si les spectateurs profitent de la soirée, les professionnels sont sur tension et travaillent dès aujourd’hui.
Instinct grégaire. Tendance instinctive qui pousse des individus d’une même espèce à se rassembler et à adopter un même comportement. Les bars de la capitale comptent bien tirer profit de cette définition, samedi soir, pour la demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby qui oppose la France à l’Angleterre. « On met la barre encore plus haut que la semaine dernière » affirme en riant Gilles Despreaux du Play Off Club-House (IXème). A trois jours du choc, rien n’est laissé au hasard. Les commandes de bière, ont été multipliées par deux. « On a même réquisitionné trois personnes de plus pour faire face à l’affluence ». L’objectif est clair : faire du chiffre d’affaire, même si les barmen ne veulent pas s’étendre sur le sujet. Gilles est pressé, on est en train de lui livrer deux palettes de steaks !
« Trois fois plus de consommations »
Dans les bars familiaux comme le « Bouquet » où les mégots traînent au sol, on attend plus de monde samedi soir. Sami Belchachir, le jeune serveur n’y va pas par quatre chemins : «On espère entre 90 et 100 personnes, et trois fois plus de consommations qu’un samedi normal». L’écran géant qui trône au milieu de la salle sera spécialement allumé pour l’occasion : c’est d’ailleurs l’élément incontournable de la soirée ! Mais pas de stress particulier, comme le dit Sami : « c’est mon métier ».
Si Jean-Paul Baptiste, barman rue Notre-Dame de Lorette, sera « stressé », ce sera plus par le match en lui même que par son organisation. Il compte bien déléguer aux autres pour profiter de l’événement, et n’oublie pas le côté festif de la soirée : « on va inviter tous nos amis, ça va être la grosse java » Déguisements et maquillage sont au programme : « on sera tous dans l’ambiance du match ». Et si l’équipe est débordée, il consent quand même à leur prêter main-forte. Il compte sur les ralentis si par malheur il devait rater un essai. Et puis, « on refera le match en troisième mi-temps avec les aficionados », quitte à fermer plus tard.
Et en cas de victoire, la soirée risque de se prolonger, mais pour Gilles « il est hors de question de dépasser une heure du matin », l’heure légale avec une Licence IV. Demain, debout à 7h pour préparer l’autre demi-finale !
