Téléréalité politique
février 18, 2009
Comment relancer l’intérêt des jeunes pour la politique?
La très sérieuse chaîne publique allemande ZDF a son avis sur la question. Et une recette: mélanger une forme populaire: la téléréalité, et une fond politique, avec une réflexion sur les élections législatives qui se tiendront en Allemagne le 27 septembre 2009.
Le résultat, c’est “Ich kann kanzler” (moi aussi je peux être chancelier ), une émission qui, selon la chaîne, recherche “des visages nouveaux avec des idées fraiches, qui ont envie de changer les choses grâce à la politique.” Un appel à candidatures a été lancé sur le site Internet de la ZDF, et les aspirants chanceliers âgés de 18 à 35 ans, ont jusqu’au 27 mars pour postuler.
Difficile de déterminer la part de sérieux de la chose. En alpaguant les candidats sur le mode “Soyez notre Obama! Soyez notre plan de relance!” et en déclarant vouloir mettre du “spectacle” dans la politique, la ZDF pousse un peu loin le concept de démocratie participative…
Pour autant, la chaîne apporte des gages de sincérité dans sa démarche: les candidats seront sélectionnés sur la base de messages vidéo dans lesquels ils devront expliquer ce qu’ils proposent concrètement pour améliorer le sort de leurs concitoyens. Et le vainqueur gagnera un stage au Bundestag ou au Parlement européen, ce qui exclu a priori ceux qui viendraient pour enregistrer un disc.
S’il y a un enseignement à tirer de cette histoire, c’est peut-être sur ce qu’elle dit de la période actuelle. Si la situation de crise est telle qu’elle amène à penser que les solutions viendront de la téléréalité, c’est effectivement que la confiance accordée aux politiques ne pèse plus grand-chose.
2009 en bourse: à la recherche de la confiance perdue
janvier 16, 2009
L’année 2008 a fait voler en éclat la valeur des chiffres. Il est devenu commun de parler de milliards, vulgaire d’évoquer des « baisses historiques ». Alors qu’attendre de 2009? La bourse va-t-elle prendre de bonnes résolutions? Ces derniers mois nous l’ont bien appris: finance doit rimer avec confiance. Et c’est aujourd’hui la défiance qui règne.
La capitalisation boursière d’une entreprise reflète sa valeur. Si le cours en bourse chute, la valeur de l’entreprise se déprécie. Et elle n’attire plus les investisseurs. C’est la spirale dans laquelle sont engouffrés nombre de « géants » du CAC 40. Le but de ces entreprises en 2009 doit être de redevenir désirables aux yeux des investisseurs…sans apparaître détestables à ceux de l’opinion publique.
Au coeur du débat: les dividendes. Et plus précisément leur montant. Comment justifier que les actionnaires continuent de s’octroyer de coquets revenus alors que les résultats de l’entreprise sont mauvais et que les plans sociaux s’enchaînent? Les bénéfices des entreprises du CAC 40 pour 2008 devraient être de 90 milliards. Dans le même temps, l’indice boursier a perdu la moité de sa valeur. Il ya de quoi être déboussolé.
Même les « spécialistes » en perdent leur latin. Plus personne n’ose faire de prévisions. François Fillon a avoué qu’il ne pouvait donner une date de sortie de crise. Ne rien dire, plutôt que de prévoir une annus horribilis ? Sauver ce qu’il reste de confiance en préférant le silence…
Ce n’est pas gagné. Car si la situation s’empire, il sera compliqué de trouver de nouveaux boucliers. La Réserve fédérale américaine prête déjà des liquidités à un taux d’intérêt proche de zéro. La Banque centrale européenne se résoud tant bien que mal à l’imiter. Des Etats aux déficits abyssaux ont injecté des milliards dans leur économie. Que faire de plus?
Réglementer, empêcher les acteurs financiers d’élaborer produits complexes et autres titrisations menant droit au carnage. 2009 doit être l’année du retour (de l’arrivée?) de la morale en finance.
Dernières heures…
décembre 31, 2008
Crise en Guyane: revue de presse en cherchant bien
décembre 4, 2008
Photo AFP Jody Amiet
On le sait, les prix du baril de pétrole baissent. La Tribune du 3 décembre écrivait « le baril glisse vers les 46 dollars », ayant donc « perdu 100 dollars depuis son pic de la mi-juillet ». En France le prix des carburants a enfin baissé à la pompe et tout le monde est content.
Sauf qu’ il ne faudrait pas dire en France mais en métropole. Car en Guyane, la situation est pour le moins différente.
Curieusement, ce sujet a été traité de façon vraiment discrète par les médias cette semaine. Pourrait-on imaginer qu’un département de métropole soit complètement paralysé sans qu’on lui accorde plus qu’un entre-filets à droite à gauche?
Que se passe-t-il exactement et pourquoi? Cela fait maintenant 12 jours que la Guyane est bloquée par environ 25 barrages. A l’origine de cette situation, le mécontentement des associations de consommateurs, de transporteurs et de l’ensemble de la population qui réclament une baisse de 50 centimes du prix du litre de carburant. Il faut savoir ce litre est en guyane à 1,77 pour le sans-plomb et 1,55 pour le gazole (en métropole c’est respectivement 1,079 et 0,99 cents). L’AFP rapporte que les écoles ne sont pas ouvertes, l’aéroport international de Cayenne fermé aux vols commerciaux et les bateaux à quai.
Vendredi, le secrétaire d’Etat à l’outre-mer Yves Jégo annonce qu’il a a obtenu de la part des compagnies pétrolières une baisse de 30 centimes, mais comme le rapporte un article du Monde.fr, cela ne suffit pas à calmer les manifestants et les barrages sont maintenus. Le même article précise que selon le préfet de Guyane, chaque jour de blocage représente une perte de 13 à 15 millions d’euros pour l’économie locale. Dimanche soir , le JDD.fr rapporte que des élus politiques guyanais de 8 partis ont envoyé une lettre à Nicolas Sarkozy demandant son intervention pour obtenir la fameuse baisse de 50 cents. Lundi, le Figaro explique que Yves Jégo, dans un entretien accordé à France Guyane, demande aux collectivités guyanaises de faire un effort pour faire baissser les prix de 20 cents, après les 30 cts que lui a obtenu. Il propose en échange une aide exceptionnelle de 10 millions d’euros , une somme qui proviendrait d’un nouveau fonds exceptionnel d’investissement à l’outre-mer sur lequel nous reviendrons. Car avant d’aller plus loin, il faut répondre à une question centrale: pourquoi le prix du pétrole est-il tellement plus élevé en Guyane?
Réponse dans un article de l’iFRAP (institut français pour la recherche sur les administrations et les politques publiques). Il y est expliqué que depuis février 2007, les compagnies pétrolières sont obligées de s’approvisionner auprès des raffineries respectant la législation européenne en la matière. Conséquence: alors que les Guyanais s’approvisionnaient à bon marché auprès des îles Trinidad et Tobago qui ont une fiscalité avantageuse, ils sont désormais contraints de se fournir auprès d’une rafinerie martiniquaise, plus chère de 30 centimes. l’Etat a momentanément pris en charge le différentiel via un prêt de l’Agence française de développement. Mais la Guyane devra rembourser à partir de janvier 2009 et au plus tard jusqu’en janvier 2018 par le bias d’une taxe additionnelle dont le produit sera reversé à l’AFD. Janvier, c’est bientôt, d’où dans le mouvement de protestation l’idée d’anticiper une probable hausse de prix déjà jugés trop élevés.
Par ailleurs, il existe une fiscalité dérogatoire sur les carburants en Guyane. Il n’y a pas de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) mais la TSC (taxe spéciale sur les carburants) qui représente 70 centimes par litres. L’Etat ne perçoit rien sur cette taxe puisque son produit est est réparti entre région, département et communes. C’est donc sur cette taxe que le gouvernement demande aux élus locaux d’agir en l’abaissant de 20 cts. Après Yves Jégo, c’est François Fillon qui s’y est employé puisque d’après l’AFP, le premier ministre a écrit mardi soir aux élus, en appelant à leur « esprit de reponsabilité. » Hier, à Cayenne une marche a réuni entre 4500 et 7000 personnes selon l’AFP. Yves Jégo s’est lui rendu à Bruxelles pour obtenir l’élargissement rapide de la liste des produits soumis à l’octroi de mer pour accroître les revenus de la Guyane. L’octroide mer est en effet un impôt qui qui taxe les produits arrivant dans les DOM TOM par la mer et désormais aussi certains produits fabriqués localement.
ChristianeTaubira, député de Guyane a publié dans le Monde daté d’aujourd’hui une tribune dans laquelle elle revient sur le fameux fonds d’investissment à l’outre-mer d’où Yves Jégo veut sortir les 10 millions d’euros évoqués plus haut. Elle explique qu’il s’agit d’un fonds contenu dans la mission outre-mer votée à l’Assemeblée en oct et actuellement au Sénat, mission dotée d’une enveloppe de 16 millions. Elle ajoute que « pour mobiliser l’argent, il faudrait que les collectivités et singulièrement les communes auxquelles le ministre l’a explicitement destiné apportent leur part en ressources propres sauf que les 4/5 ont des finances sinistrées » et seront encore plus appauvries si elles renoncent à la TSC comme le leur demande Yves Jégo. Mercredi soir, les élus locaux ont décidé de proposer à l’Etat un protocole d’accord pour sortir de la crise. Le conseil régional percevrait 5 millions d’euros qu’il réaffecterait aux pétroliers, en échange d’une baisse supplémentaire de 20 centimes. Parallèlement, une mission d’insepction sur le prix du carburant devrait être mise en place, pour trouver dans les 3 mois des solutions de long terme.La Guyane reste pour le moment bloquée. Le tir de fusée Ariane 5 qui était prévu le 10 décembre est reporté sine die. Les stations services sont toutes fermées à l’exception de 3 réquisitionnées pour fournir du carburant au Samu, pompiers et forces de l’ordre.
Cette histoire n’est pas terminée mais elle nous renseigne quand même sur la façon dont la métropole traite les DOM TOM. Economiquement, avec des systèmes complexes et un peu pervers entre l’assistanat et l’appel à la responsabilité. Et médiatiquement aussi puisqu’il paraît quand même hallucinant de voir le peu d’attrait que suscite ce sujet alors qu’on sait que la situation économiqe de la Guyane est déjà assez catastrophique avec un taux de chômage qui s’élève à 20 % et que la crise actuelle risque d’avoir de graves répercussions.
Marchés de noël anti bling-bling
novembre 27, 2008
La mode des marchés de noël atteint cette année les Champs-Elysées. Soit. On peut trouver cela “charmant” mais franchement..
Il en existe d’autres, qui font oublier que le père noël a été créé par coca-cola, où tout ce qui se vend a été fabriqué avec des vraies mains et où les jouets ne sont pas en plastique… Ca se passe chaque année dans les écoles Steiner. Mais qu’est-ce donc que ces bestioles? Cela mériterait un long article qui viendra un jour, mais pour faire momentanément simple, disons que ce sont des écoles dites “libres” ou “alternatives”. L’enseignement qui y est donné repose sur la pédaggie Waldorf, fondée sur l’idée que chaque enfant doit être considéré comme un individu à part entière et que chacun doit pouvoir s’épanouir à son rythme et apprendre dans le plaisir.
Cela se traduit par un apprentissage par le jeu, largement tourné vers les travaux manuels et artistiques. Pas de note, pas de compétition, pas d’humiliation. Une façon de voir qui -encore une fois- mérite d’être beaucoup plus développée. Ce qui est clair et qui est visible dans ces marchés de noël, c’est que la création est au centre de la pédagogie. La plupart des objets vendus sont fabriqués par des élèves ou des parents. C’est aussi le cas des gateaux et petits plats (généralement bios) proposés dans les stands.
Que l’on adhère ou non à la pédagogie, on peut en tout cas en profiter pour faire de beaux cadeaux: poupées en tissu, bougies de cire, jouets et autres objets en bois… Il y a aussi durant la journée des spectacles de marionettes et des concerts proposés par les élèves.
Deux écoles Steiner situées en région parisienne font leur marché de noël ce week-end:
Ecole Rudolf Steiner – 62 rue de Paris – 91370 Verrières-le-Buisson samedi 29 et dimanche 30, de 14 h à 19h
Ecole perceval de Chatou, 5 avenue d’Epremesnil 78400 Chatou samedi 29 de 11h à 19h
Progrès
novembre 17, 2008
Photo: tuyaudepoele.canalblog.com
Enfin! Après vingt ans de discrimination, les légumes “hors-normes” vont faire leur grand retour dans le commerce.
“Hors normes” signifie ici tordus, cabossés, moches. La commission européenne a finalement compris que l’on ne demande pas à une carotte d’être glamour pour la rapper. C’est heureux. A partir de juillet 2009 le bon sens reprend son droit au rayon fruits et légumes.
Prudence tout de même: si vingt-six obtiennent un visa européen, dix autres (dont nos chères tomates) dépendront du bon vouloir de chaque Etat membre. La tolérance a ses limites.
Conseil pour les oreilles: FM
novembre 6, 2008
FM, ce n’est pas la bande, ce sont des initiales. Celles de François Morin, un originaire de Rouen pour le moins original. Cet ancien professeur mélomane a réussi à monter un projet musical qui mérite qu’on s’y arrête.
Comment décrire FM? Les étiquettes voudraient que l’on dise “pop” mais ce n’est pas vraiment ça. FM, c’est d’abord une voix, celle de François donc, qui chante en anglais. Cette voix ne ressemble à aucune autre mais ce n’est pas tout. Ce qui rend l’ensemble vraiment différent, c’est l’instrumentation. Guitare, mais aussi violon, alto, violoncelle et cor d’harmonie viennent donner une profondeur musicale réelle à des chansons savoureuses. D’autant que François Morin, qui compose ses chansons et arrange (divinement) quelques reprises ne se contente pas de l’affichage. Il y a une vraie recherche dans l’écriture de sa musique. Ce n’est pas une voix de “Cold Play” posée sur une caricature de musique classique, c’est une création musicale cohérente. Finement nostalgiques, jamais dans l’excès, ses chansons sont des petits moments poésie. On ne sera pas étonnés d’apprendre que FM compte Kate Bush et David Bowie parmi ses sources d’inspiration.
Trop de chanteurs communs deviennent des stars pour que l’on ne se réjouisse pas de découvrir un vrai travail musical de qualité mais humble. Et une rencontre avec FM prouve que cette impression n’est pas fausse. Pas de grosse tête à l’horizon. Cela est d’ailleurs perceptible en concert, lorsque cette voix aux yeux bleus perçants se prête à quelques transitions décalées.
Pas un hasard, donc, si FM a sorti son premier album “A dream or two” chez Warner. Pas un hasard non plus si ce disque a bénéficié du précieux logo “France Inter.”
Plus d’infos (écoute de titres, dates de concerts…) sur http://www.myspace.com/fmpopmusic
Et pendant ce temps, au Bhoutan…
novembre 6, 2008
Au pays de l’oncle Sam, on fête depuis deux jours une élection “historique”.
Au pays qui préfère le “Bonheur national brut” au PIB, on couronne aujourd’hui un nouveau roi.
A 28 ans, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck (et oui!) devient le plus jeune monarque du monde.
Le Bhoutan, 670 000 habitants, est une monarchie constitutionnelle qui a connu ses premières élections législatives au printemps 2008. Plutôt discret sur le plan international, ce petit pays cultive sa différence. Cela passe par exemple par la volonté de renoncer à une activité touristique à laquelle le territoire pourrait prétendre, avec des visas à 200 euros la journée. Mais c’est surtout par sa fameuse “politique du bonheur” que le Bhoutan se singularise. C’est l’ancien roi (père du nouveau), Jigme Singye Wangchuck, qui a créé en 1972 un nouvel indicateur économique: le “Bonheur national brut”. Visionnaire, il plaidait alors pour une croissance “responsable et respectueuse de l’environnement”.
Et ça marche! Du moins si l’on en croit le premier ministre Jigmi Thingley qui a déclaré lors du sacre: “Notre pays est de plus en plus heureux. Nous sommes un peuple heureux qui va continuer à se développer économiquement et spirituellement.”
Pour autant, le Bhoutan n’est pas coupé de la mondialisation puisque le nouveau roi est diplômé d’Oxford et a étudié aux Etats-Unis et en Inde. Il n’est pas non plus un îlot de totale quiétude. Ce pays où le bouddhisme est religion d’Etat a connu des affrontements inter-religieux dans les années 1990, et environ 100 000 hindouistes d’origine népalaise contraints de fuir sont encore réfugiés dans des camps de l’ONU au Népal.
Obama élu: extraits de son premier discours
novembre 6, 2008
C’est donc une réalité. Barack Obama a été élu 44ème président des Etats-Unis.
Au soir de son triomphe, la foule d’électeurs est en délire. Lui, serein, est déjà dans le rôle grave qui sera le sien.
Extraits vidéo de son premier discours à voir en cliquant sur lien ci-dessous.
JUST WOW
novembre 5, 2008
Photos disponibles sur le site du New York Times











