Thomas Dandois, un journaliste en quête de vérité

Travail IPJ

Cet ancien élève de l’Institut Pratique de Journalisme est venu témoigner, lors d’une conférence dans les locaux de l’école le 30 janvier, de son expérience au Niger. Accusé « d’intelligence avec des bandes armées » lors d’un reportage sur la rébellion Touareg, son caméraman Pierre Creisson et lui ont été emprisonnés pendant un mois. Il raconte.

« C’est le devoir du journaliste d’aller là où on ne veut pas qu’on aille. » C’est en ces termes que Thomas Dandois, journaliste reporter d’images, travaillant pour la société de production Camikaze, justifie son départ pour le Niger. Parti avec son collaborateur Pierre Creisson, leur objectif était de réaliser un reportage sur la rébellion Touareg, qui accuse l’état de ne pas respecter les accords signés en 1995. “ Mais les autorités n’autorisent personne à pénétrer dans cette région du nord pour traiter ce conflit, regrette Thomas Dandois. C’est la raison pour laquelle on a un peu magouillé”.En effet, les deux hommes ont réussi à obtenir leurs visas en déclarant au gouvernement du Niger qu’ils souhaitaient réaliser un reportage sur la grippe aviaire. Malheureusement pour eux, les autorités ont été informées de leur présence auprès des Touaregs. “Un comité d’accueil nous attendait à notre retour à Niamey, raconte le journaliste. Nous avons été emprisonnés pendant un mois.”

Des conditions de détention difficiles, la peur d’être “oubliés” par la France… Cette expérience, Thomas Dandois n’est pas prêt de l’oublier. Pourtant, il ne change pas d’avis sur le devoir que lui impose son métier : “Je ne varie pas, et ne varierai pas. Je reste intimement convaincu que quand on est journaliste, il faut savoir franchir la ligne jaune. Surtout lorsqu’on nous cache des informations.”

Mais malgré tout, cette fois est différente. “Chaque fois que je reviens d’une zone de guerre pour un reportage et que cela a été un peu dur, j’ai un moment de réflexion pendant lequel je me demande si ça vaut le coup d’y retourner.” A l’issue de son voyage, Thomas Dandois s’est rendu compte qu’il n’était pas seul, malgré son célibat : “ J’ai une famille, des amis qui se sont mobilisés. J’ai eu une grosse prise de conscience. Mon prochain départ prendra une autre dimension”.

Un temps de réflexion après lequel ce journaliste en quête de vérité repartira sûrement. “Je me sens chargé de la responsabilité de montrer au monde ce que les gens que je rencontre vivent, de témoigner de ce qu’ils mon dit”, reconnaît-il.

Avant de confier à demi mots : “J’ai déjà une commande pour un reportage en Afghanistan…”

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