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Terrorisme 1 Foot 0

Posted by bvolpilhac on janvier 12, 2010

Les attaques en bus à Cabinda, c'est un peu un mélange entre Chips et YMCA

Les attaques de bus à Cabinda, c'est un peu un mélange entre Chips et YMCA




MAJ : Nous évoquions dans cet article la possibilité de voir le Togo suspendu des deux prochaines éditions de la CAN. Visiblement, c’est fait !



José Eduardo Santos, président de l’Angola, est un mec plutôt rusé. Pour ne pas ruiner l’évènement phare de son pays pourrave, il a demandé à son équipe de faire un truc de dingue sur le terrain. 4-0 à la 80e contre le Mali en match d’ouverture, devant les 50.000 pékins du stade du 11 novembre de Luanda. Puis 4-4 à la fin. Mais, pas dupes, ces frasques offensives ne nous ont pas fait oublier que cette CAN aurait pu (dû?) ne pas se jouer. La faute à un duo d’organisateurs qui méritent la kalashnikov d’or de l’incompétence.

Bon, rien ne sert de revenir sur le déroulé tragique de l’affaire. Togo, bus, Pointe Noire, Cabinda, fusillade, trois morts, huit blessés.
Avec quelques jours de reculs, plusieurs choses sautent aux yeux. Ce qui choque avant tout, c’est cette décision de faire jouer des matches de la CAN (une poules + quarts) à Cabinda, province angolaise enclavée entre les deux Congos. Annexée manu militari par l’Angola lors de sa déclaration d’indépendance en 1975, ce bout de terre comptant 260 000 habitants est depuis tiraillé par une lutte armée entre le gouvernement angolais et des mouvements séparatistes voulant l’indépendance de Cabinda. Pour la défense de José, le préz angolais, le Cabinda était officiellement apaisé depuis 2004 et un accord de réconciliation entre plusieurs factions du FLEC (le front séparatiste) et le gouvernement. Et même qu’en 2008, ces factions avaient complètement rendu les armes. Youpi.
Histoire de marquer le coup, l’Angola a donc décidé d’ouvrir sa grande fête du foot à sa région qu’elle croyait nouvellement pacifiée.
De deux choses l’une : ou bien le gouvernement Angolais possède les pires services de renseignements de l’histoire, ou alors il a volontairement fermé les yeux et appuyé sur le champignon en espérant que ca passe. Car ouais, leur enclave pourlingue est évidemment encore dangereuse. Une zone à haut-risque ne devient pas Disneyland en cinq ans. Et ce n’est pas pour rien que l’on a demandé aux délégations d’emprunter l’avion pour s’y rendre. D’ailleurs, si le gouvernement de José Eduardo Santos n’avait aucune idée du danger que présentait son enclave paradisiaque, Danny Jordaan, organisateur du Mondial 2010 de football en Afrique du Sud, avait lui de meilleurs sources : “Depuis combien de temps sait-on qu’il y a des groupes séparatistes en Angola ? Qu’il y a un risque d’attaques terroristes ? On le savait [...] C’est pourquoi je dis que c’est la responsabilité du pays hôte de gérer ces questions”

Faire se tenir un évènement de l’ampleur de la CAN dans une zone “chaude” est une abérration. Aussi infime soit le risque.
Bien sûr, l’on peut évoquer la thèse de l’accident isolé, comme à Munich ou Atlanta. Mais il suffit de lire les quelques lignes écrites par reporter de SoFoot, braqué quelques minutes seulement après son arrivée à Luanda pour quelques photos, pour comprendre que le mal se révèle plus profond, et que l’Angola ne porte pas toutes les responsabilités de la tragédie…


Le Cabinda, c’est ca, et c’est encore mieux sur une carte plus grande

Je veux bien sûr parler de la CAF. La Confédération Africaine de Football, qui assure l’organisation globale de l’évènement. Depuis vendredi, elle a réussi à faire montre de son incapacité à gérer une situation de crise. D’abord, en considérant nos précédentes lignes, nous pouvons estimer que le choix de l’Angola pour accueillir cette CAN était risqué. Mais ce qui choque le plus, c’est l’incapacité de la confédération africaine à s’interposer et à mettre son veto sur le Cabinda. Si l’on peut comprendre les motivations politiques du gouvernement angolais pour faire le forcing et jouer dans l’enclave, la CAF se devait de refuser. Elle en avait le pouvoir et le devoir. Danny Jordaan, toujours organisateur du prochain mondial, a dirigé en Angola une équipe d’évaluation des préparatifs en vue de la CAN 2010, au nom de la CAF, dont le rapport était éloquent. “Toutes les inquiétudes des membres de la mission avaient été mentionnées dans un rapport remis à la CAF”, balance-t-il. Bon…

Hubert Velud, entraîneur français des éperviers togolais, n’est lui non plus pas très tendre avec la CAF. Il rapporte notamment – comme on a pu l’entendre dans plusieurs médias après l’incident – que la CAF aurait préconisé (obligé?) les délégations à prendre l’avion pour rejoindre Cabinda, mais qu’à l’arrivée du bus des Éperviers, un comité d’accueil les attendait. “Pour le transport c’est facile à dire ! Quand on accueille comme ça les gens à la frontière, c’est qu’on cautionne leur moyen de transport. (…) Accuser le Togo par rapport à ça, c’est hallucinant”. Mieux encore : “Le plus choquant (…), c’est qu’au début, alors que l’on venait de nous tirer dessus et que nous n’étions pas en sécurité à l’hôpital dans le village, on nous a parlé des problèmes d’accréditation.”

Quand la CAF simule dans la surface

Car voilà, la CAF n’en a rien à branler d’un gardien inconnu ou d’un chauffeur de bus agonisant (et si c’était Adebayor? Eto’o ? Drogba ? cf l’Équipe du 12 janvier). Moins d’une heure après la tragédie, on apprend de la CAF que “La CAN aura bien lieu”. Ouf. L’événement doit se tenir, coûte que coûte. On ne rapatrie même pas les matches devant se jouer à Cabinda vers le cœur du pays, et on joue la carte de l’événement isolé, complètement imprévisible. Puis, pour finir, on passe maître dans l’art de la communication, en trois temps :

1. Devant le retrait probable du Togo, la CAF fait preuve d’une grande magnanimité, en ne laissant pas aux Togolais le temps de faire leur deuil, voire même de compter leurs morts. Morceaux choisis d’une interview du capitaine des Éperviers, Emmanuel Adebayor : “La CAF et le gouvernement angolais veulent étouffer l’affaire. C’est-à-dire qu’ils sont prêts à tout pour dire que tout va bien alors qu’ils savent que ça ne va pas. Par ailleurs, on s’est senti trahi. La CAF nous a manqué de respect. [Issa Hayatou] nous a dit : « Ecoutez, je sais que c’est difficile pour vous. Si vous voulez rester, restez. Si voulez partir, vous pouvez partir. » On a perdu des amis, des gens très chers, des gens prêts à faire la CAN. La moindre des choses, c’est de nous donner le temps de faire notre deuil. Mais cela n’a pas été fait.”
Selon Reuters, la CAF aurait même menacé le Togo de sanctions, pouvant aller, selon le règlement de la CAN, jusqu’à l’interdiction de participer aux deux prochaines coupes d’Afrique des nations.

2. Issa Hayatou, patron de la CAF, la joue serein face aux caméras.
Première question : ISSA HAYATOU, structurellement, le pari est réussi en Angola ?
I. H. : Oui la réponse est oui… 4 nouveaux stades, 13 stades d’entraînements rénovés…

On peut sans doute reprocher au journaliste d’Eurosport d’avoir commencé l’interview (la version web en tout cas) par cette question, mais il semble tout de même franchement maladroit de dire avant toutes choses, et quatre jour à peine après un tel drame, que le pari en Angola est gagné.
Pas gêné pour un sou, Hayatou poursuit son festival, et se permet même de comparer la mort de Marc-Vivien Foé (sur le terrain, le camerounais a été victime d’une attaque cardiaque) pour légitimer la bonne tenue de la CAN : “A Paris, lors de la Coupe de la Confédération, Monsieur Foé est tombé et il est mort. Les événements ont continué et si on commence à faire des dérogations, c’est très mauvais, la CAF risque d’avoir des entorses. Et ça nous n’entendons pas le faire”. Ce qu’on appelle comparer l’incomparable.

3. La CAF met sur les épaules du gouvernement togolais le départ de l’équipe. “On aurait souhaité avoir nos frères togolais avec nous mais si la décision politique veut qu’ils partent, et ils sont partis, nous prenons bonne note et acte de leur départ”, assène Issa Hayatou, dans cette même interview. Clairement, pour la patron de la CAF, la politique aurait “ENCORE” floué l’esprit du sport, en obligeant les Togolais à revenir au pays [ndr : les joueurs eux-mêmes ont déclaré être prêts à jouer]. Le gouvernement de Lomé aurait ainsi politisé les débats, ce qui serait devenu le point de non-retour.
Trois Togolais assassinés dans un autre pays d’Afrique, c’est forcément politique. Une équipe de foot mitraillée, n’en parlons pas. La volonté de Faure Eyadéma, chef de l’État togolais, de voir revenir son équipe meurtrie et ENCORE en danger se veut avant tout humaine et raisonnable, avant d’être, évidemment, politique. Mais visiblement, tout ce qui concerne l’humain, le CAF, elle, elle s’en fout royalement.

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Le vrai-faux problème du DIC

Posted by bvolpilhac on décembre 3, 2009

aulasLOLAulas, Seydoux, Leproux, Sougniez (ouais, celui de Boulogne)… Tous les présidents des clubs de Ligue 1 sont montés au créneau à l’annonce de la suppression du Droit à l’image collectif (DIC), exonération de charges permettant aux clubs pro d’économiser jusqu’à 30% du salaire brut de leurs joueurs. Et ainsi, accessoirement, de les payer plus cher. Leur principal argument ? La compétitivité à l’échelon européen.

Il suffit d’un petit 4-0 pour l’OM contre le Real Madrid dans quelques jours (ou éventuellement d’une défaite, mais c’est moins marrant, de Milan à Zurich) pour que trois clubs français pointent le bout de leur nez en 8eme de la Ligue des Champions (LDC). Un bête d’exploit. Et paradoxalement, c’est quand les clubs français commencent à se faire une place à l’échelon continental que le gouvernement décide la fin de leurs avantages fiscaux. Fini le DIC et ses 30% d’exonérations de charges sur les salaires. De quoi rendre rouge colère Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais, et la plupart de ses collègues à la tête des clubs de Ligue 1. Et pour cause, J-M voit depuis dix ans son équipe se faire dézinguer en LDC juste après les poules, et ne cesse d’enrager contre le manque d’attractivité et de compétitivité du football français. Alors forcément, si en plus on pénalise les clubs en les empêchant de blinder les salaires – et donc d’attirer/de garder des bons joueurs -, ca sent un peu la fin des haricots.

Sauf qu’à bien y regarder, et pour tordre le cou à un sale cliché, la fiscalité auquel les joueurs de Ligue 1 sont confrontés n’a pas de quoi faire rougir. Loin de là même. Malgré des charges patronales plus importantes, les impositions des sportifs de haut niveau en France sont dans la moyenne européenne. (voir graphique). Bien évidemment, le DIC n’est pas innocent à ce résultat.


Impôts aux sportifs

Impôts aux sportifs




Par ailleurs, les grands pays du foot européen veulent tour à tour durcir la fiscalité autour de leurs joueurs. Le Royaume-Uni l’a fait en premier, l’Allemagne en discute et l’Espagne passe à l’attaque, en cherchant à supprimer la Loi Beckham. Décidée en 2003 pour faciliter l’arrivée de stars du ballon Rond, elle permet aux footballeurs étrangers percevant plus de 600,000 € de salaire mensuel de manger des merguez en ne payant que 23% d’impôts sur le revenus. De quoi défriser Carles Puyol et tous les “nationaux”, qui s’acquittent eux de 43%.

Ajoutons qu’un calcul de la commission des Finances relayé par le Sénat, obtenu auprès de clubs représentatifs de l’élite du Football en 2007, le DIC représente environ 3% de leur budget total (il est à noter que cette proportion croît légèrement avec le budget des clubs puisque le nombre de joueurs dépassant le plancher de rémunération au-delà duquel s’applique le DIC est plus élevé dans les « grands » clubs que dans les « petits »). Les clubs représentatifs ont un budget moyen de 67 M€ et obtiennent 2,30 M€ du DIC, soit 3,4%.

Et ce rapport de conclure : “Ces chiffres montrent à la fois que le DIC procure un avantage réel apprécié par les clubs, mais que cette aide n’est pas à la hauteur des écarts constatés entre le budget des clubs français et celui de leurs concurrents européens. Votre rapporteur spécial considère d’ailleurs que de tels écarts n’ont pas vocation à être comblés par les finances publiques.
Le DIC est donc une petite aide [nous ne parlons pas ici des clubs de Rugby ou de Basket, concernés par le DIC, dont les équilibres financiers sont totalement différents] permettant aux clubs d’arrondir leurs fin de mois. Pas vraiment la solution miracle pour aller taper le Barça.

Car voilà, les taux d’impositions pourraient être à 0% en France (la gueule du 11 de Monaco, exempté d’impôts, laisse d’ailleurs rêveur…) que les joueurs gagneraient toujours moins en France. Simplement car économiquement, la France accuse un gros retard. En 2009, le salaire moyen net d’un joueur de Ligue 1 est de 45 300€ par mois, selon l’Équipe. Histoire de mettre tout le monde d’accord, ce chiffre est évalué à 150 000 € dans le championnat anglais et à 125 000 en Serie A italienne. Juste trois fois plus. Le néo-lyonnais Lisandro Lopez est (de loin) le joueur le plus payé de la ligue 1, à hauteur de 420.000€ par mois. C’est à dire à peu près le salaire du quatrième gardien du Barça, qui paye Messi environ 10 M€ par saison et Ibrahimovic 9,5 (celui-ci a accepté une baisse de salaire en rejoignant les Blaugrana, alors qu’il était le joueur le mieux payé du monde à l’Inter avec 12M€). Allez, achevons-nous : les droits télé du foot en France ont drastiquement augmenté : Canal a lâché plus de 600 M€ pour retransmettre des Nancy-Lorient. Outre-Manche, c’est 1,4 milliard le Manchester-Chelsea à l’année. Tout simplement un autre monde.

Recettes des 20 premiers clubs de football européens pour la saison 2007/2008

Recettes des clubs européens

Recettes des clubs européens


Source : Deloitte Football Money League 2009




Bref ne cherchons pas plus loin la frontière entre notre Ligue 1 et ces gros championnats : marchandising, recettes de stades, droits TV, mécénats (si l’argent n’a pas d’odeur, le foot anglais, lui, pue le pétrole). Et contrôle des finances. Nous avons eu, en France, la bonne idée de créer la DNCG, organisme chargé de veiller – et de sanctionner au cas où – à la bonne tenue financière des clubs. Pendant qu’à nos frontières, les clubs s’endettent à n’en plus pouvoir pour construire nouveaux stades et recruter des ballons d’or. Valence, dernier club espagnol champion à part Barcelone et le Real Madrid, est au bord du gouffre financier.

Alors mes chers amis vous allez me demander comment réduire un tel gouffre, que d’aucuns qualifieraient d’abyssal, entre la France et les autres championnats ? Il faudrait commencer par obtenir l’organisation de l’Euro 2016, et construire de VRAIS stades de foot. Car comme disait si bien l’autre, “you have to spend money to make money”. En clair, et les clubs anglais l’ont bien compris, en s’offrant de nouveaux stades tous beaux tous neufs, ils ont décuplé leurs recettes les soirs de match. Ce système comporte néanmoins des limites : les places coûtent largement plus cher à l’Emirates Stadium (Arsenal) ou à Anfield (Liverpool) qu’en France. Forcément, pouvoir se délecter de l’élite mondiale tous les samedis ça attire. Pendant que nous, en France, on peine chaque week-end à remplir des strapontins pourtant bradés. Bref, les spectateurs payent que s’il y a des grands joueurs, et les grands joueurs ne viennent que si les spectateurs payent. Le cercle vicieux du football Français, que trop peu d’étoiles filantes (Essien, Ribéry, Drogba, Benzema) tirent vers le haut.

Et comme on peut toujours rêver pour voir l’arrivée d’une “DNCG” européenne, ou, à défaut, un renforcement de contrôles financiers dans l’ensemble des clubs du vieux continent, la solution miracle n’existe pas. Alors on pourrait toujours commencer par éviter de supprimer le DIC, ce serait déjà ca.

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La guerre du golf d’Hugo Chavez

Posted by bvolpilhac on novembre 5, 2009

DANS LA FAMILLE grands démocrates d’Amérique du Sud à peine démagos, je demande Hugo Chavez. Après la sémillante Christina Kirchner, c’est au tour du Président vénézuélien de faire preuve de toute sa clairvoyance politique. Accusé par ses opposants de corruption, de népotisme et de clientélisme, voilà que l’ami Chavez a décidé de porter un nouveau coup contre le capitalisme d’influence américaine et, par la même occasion, contre les libertés de ses citoyens. L’idée est simple : bannir, à terme, la pratique du golf dans son pays.


Jambes pas fléchies, prise en main du club défaillante... vu la chèvre au swing, pas étonnant que Chavez décide de supprimer ce sport. Regardez bien ses potes qui se foutent de sa gueule derrière

Jambes pas fléchies, prise en main du club défaillante... vu la chèvre au swing, pas étonnant que Chavez décide de supprimer ce sport. Regardez bien ses potes qui se foutent de sa gueule derrière



Tout commence lors de son émission de télévision dominicale, où il annonce que le golf est “un sport de bourgeois. Je respecte tous les sports, mais il y a sport et sport… Seul un petit-bourgeois peut jouer au golf”. Lapidaire, il prend l’exemple des voiturettes, déplaçant les joueurs d’un trou à un autre, comme le symbole d’un sport de paresseux. Comble de démagogie, le dirigeant socialiste à tendance stakhanoviste considère qu’il serait fort bon de remplacer les parcours de golf par des logements sociaux.
En puis non, le comble en fait, c’est de mettre à exécution ces menaces, en annonçant la fermetures de deux golfs. Celui de Maracay, dans les environs de Caracas, et celui de Caraballeda, situé sur la côte atlantique.


Hugo allume le golf à la téloche

Aaaaaaaah bah voilà... Tout s'explique.

Aaaaaaaah bah voilà... Tout s'explique.

Et comme vous me voyez trop facilement venir avec mes gros sabots d’Européen moqueur, je laisse à nos potes ricains le soin de dégommer Chavez en règle. P.J. Crowley, assistant du sécretaire d’Etat aux affaires publiques, dans le texte : “The suggestion that golf, a truly global sport, is bourgeois is a mulligan”. (L’idée que le Golf serait bourgeois est un Mulligan). Une vraie vanne de golfeur. Un Mulligan, c’est un première coup tellement raté que tous les joueurs de la partie s’accordent pour l’annuler et l’oublier à vie. Visiblement chaud comme une baraque à frites, P.J s’enfonce : “And once again Mr. Chavez, one of the hemisphere’s most divisive figures, finds himself out of bounds.” (Encore une fois, l’ami Chavez se trouve hors-limite). Et bim, un deuxième calembour de connaisseur. En gros, envoyer une balle “out of bounds”, c’est l’envoyer hors-limite, et être obligé de recommencer son coup (sans toucher les 20.000). Merci P.J.
Allez, tout cela serait vraiment marrant s’il ne s’agissant pas d’une énième privation des libertés d’un des derniers dictateurs communiste de l’Histoire. Remarque, comme ça, les Vénézuéliens chopés en train de migrer illégalement vers les States pourront toujours arguer de leur amour pour le putt.

En savoir plus :
Une vidéo Reuters sur les réactions des golfeurs à cette décision

Un article des échos

Un article du New-York Times

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Le grand saut de Mister George

Posted by bvolpilhac on octobre 28, 2009

Non, David Douillet n'a pas dû coucher pour être député (photo Gala)

Non, David Douillet n'a pas dû coucher pour être député (photo Gala)

LA RÉCENTE ÉLECTION de notre David Douillet national comme député des Yvelines est un nouvel exemple de reconversion d’un sportif de haut niveau vers la politique. Les noms que l’on connait le plus en France sont ceux de Guy Drut, Jean-François Lamour, ou Bernard Laporte, ou encore Jean-Claude Killy.
Et si leurs carrières en politique connaissent des fortunes diverses, tous sont entrés en politique grâce à leur compétences sportives, par leur connaissance du monde du sport, des athlètes et des fédérations. Ce qui leur a le plus souvent valu d’entrer au ministère des sports.

Un autre sportif bien connu en France, George Weah, a lui aussi décidé d’embrasser une carrière d’homme politique. Dans un contexte bien différent. Sous le joug de la présidence de Charles Taylor, le Liberia a connu les heures les plus sanglantes de son histoire. Une véritable guerre civile, en 1990 et 2003, fait 150.000 morts et pousse la moitié de la population à l’exode.


Reportage sur la guerre civile au Liberia, dont la deuxième partie est disponible ici

« Aujourd'hui, mon rêve, faire partie de la famille de l'UNICEF, est devenu réalité », avait déclaré Weah lors de sa nomination

« Aujourd'hui, mon rêve, faire partie de la famille de l'UNICEF, est devenu réalité », avait déclaré Weah lors de sa nomination



Après la fuite de Taylor en 2003, plusieurs groupes d’opinions libériens cherchent un homme capable de réunifier, derrière son nom, un pays complètement dévaste et éclaté. Le nom de George Weah, superstar du football en Europe, premier ballon d’or africain en 1995 et ambassadeur itinérant de l’UNICEF (Fonds des nations unies pour l’enfance) depuis 1997, revient de plus en plus. Sa mission : sensibiliser sur l’éducation, la lutte contre le Sida et militer pour le retour de la paix. Il acquiert grâce à cet engagement une véritable stature, et devient plus qu’un simple joueur de foot. Ce poste à l’UNICEF lui permet aussi de beaucoup voyager, notamment en Afrique, et de rencontrer de nombreux chefs d’États. Indubitablement, si l’on ne pas parler ici de débuts en politique, c’est ici que George Weah a enfilé pour la première fois le costume d’homme public.


George Weah sur le terrain, c’était quand même pas mal





Même si son manque d’expérience ne joue pas en sa faveur, « Mister George » obtient vite le soutien de l’opinion publique. Jouissant d’une popularité quasi béate, Weah peut se targuer de représenter le renouveau de la politique libérienne, sans jamais avoir totalement abandonné le pays. Dans les années 90, il crée une fondation pour le Football Libérien. Plusieurs fois au cours de sa carrière, il épongera de lui-même les dettes de la fédération libérienne de foot, et la fournira en équipements. Son œuvre de promotion du foot dans son pays fait de lui l’homme l’idole de tout un pays, notamment lorsqu’il emmène son équipe nationale, Le Lone Star, à sa première coupe d’Afrique des Nations, en janvier 1996, en pleine guerre civile et rencontre Nelson Mandela.


Weah de retour au pays, aussi heureux qu'après un doublé contre l'OM avec le PSG

Weah de retour au pays, aussi heureux qu'après un doublé contre l'OM avec le PSG

Poussé par l’opinion publique, « Mister George » accepte la main tendue et déclare vouloir être président du Liberia, moins d’un an après sa retraite sportive. “Je vais être candidat à l’élection présidentielle. Je n’ai pas d’autre choix que d’accepter la requête du peuple.” Superstar dans son pays, ambassadeur du Liberia et de l’Afrique en Europe, « Mister George » a donc décidé de franchir le cap le 16 novembre 2004, en faisant à la BBC l’annonce de sa candidature aux élections d’octobre 2005.
L’association Redeem Liberia (sauver le Liberia), juge sa candidature et ces termes : « Après plusieurs années de guerre qui ont divisé le peuple, les Libériens ont besoin d’un véritable patriote, d’un ‘humanitaire’ pour délivrer le pays et M. Weah est la seule personne capable de représenter une ‘force unificatrice’ pour secourir le pays et réunifier son peuple ».


Weah en campagne devant ses supporters

Weah en campagne devant ses supporters


Après une campagne mouvementée
, George Weah fait figure de favori face aux trente autres candidats, avec l’économiste Ellen Johnson-Sirleaf. Tous deux arrivent au second tour. Sirleaf, qui a connu de nombreux postes à responsabilités (à la Banque Mondiale), tance Weah sur son inexpérience et son manque d’éducation. Une politique qui fonctionne, puisque l’ancienne star du Milan AC s’incline, avec 40,4% des suffrages. Weah crie à la triche et refuse le résultat, avant de s’incliner. La nouvelle présidente, qui cherche à profiter de la popularité de son adversaire, lui propose rapidement de rejoindre le gouvernement, en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports. Un poste qu’il refuse, préférant redevenir Mister George en tant qu’ambassadeur de l’UNICEF, à défaut d’être Mister President.



Les élections libériennes controversées (en anglais)



En savoir plus :
La biographie de George Weah
Un article sur le retour de Weah au Pays

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Don’t cry for her Argentina

Posted by bvolpilhac on octobre 21, 2009

Kirchner, le Pierre Richard de la politique, et Maradona, nouvel amant des journalistes (photo AFP)
Kirchner, le Pierre Richard de la politique, et Maradona, nouvel amant des journalistes (photo AFP)

Les apparences sont parfois trompeuses. Ce n’est pas parce qu’une belle femme a l’honneur de relancer ce blog qu’elle va avoir le droit à un traitement de faveur. Loin de là même. Le 21 août dernier, le belle femme en question, Cristina Kirchner, présidente de l’Argentine, décidait que les matches de football du Championnat argentin devaient être “nationalisés”, c’est à dire visibles par tous à la télévision. Les droits télé du Championnat argentin appartenaient jusqu’à alors -  depuis 1991 – à un grand groupe privé du cable,  Television Satelital Codificada (TSC), et ce jusqu’à 2013-2014, obligeant les Argentins à payer le câble pour voir les matches, ou attendre le dimanche soir tard pour simplement voir les buts “en clair”.

Par une annonce fracassante (oui, c’est cette vidéo, en bas, toute petite et de mauvaise qualité !), Kirchner a donc présenté le deal, accompagnée de l’idole du pays, Maradona. Et si tout ça fleure bon la démagogie et le populisme pour une présidente en grande difficulté dans l’opinion publique, on peut quand même féliciter cette intention louable dans un pays où le football est roi et qui subit de plein fouet la crise. Sauf que voilà, s’il est bon de faire d’une pierre deux coups en regagnant l’adhésion du peuple et en pénalisant un vieil ennemi (Kirchner et la chaine du câble sont de vieux ennemis), encore faudrait-il le faire correctement. Et ne pas faire empirer la situation.

Kirchner ou comment vraiment tout rater

À l’époque du câble, tous les matches étaient diffusés, à condition de payer. Maintenant qu’ils sont sur les télés nationales, ils ne peuvent tous être diffusés. Ce qui a le don de particulièrement irriter les (nombreux) fans de foot qui sont chaque semaine lésés car ils ne peuvent pas voir leur équipe favorite jouer. Même s’ils ont les moyens de payer. Dans un pays ou les rivalités sont extrêmement fortes, notamment entre Boca Juniors et River Plate à Buenos Aires et Estudiantes et Le Gymnasia à La Plata, on ne plaisante pas avec le foot.  Et on préfère sans doute payer pour voir son équipe favorite jouer, plutôt que l’intime ennemi.

                     Dans les duels Boca-River, en général on plaisante pas trop

Dans les duels Boca-River, en général on plaisante pas

Décidée à la hâte, cette nationalisation du foot se transforme en véritable catastrophe pour la présidente. Aux accusions d’interventionnisme forcené, de populisme et de vengeance personnelle s’ajoute celle d’incompétence, et le peuple a bien du mal à suivre les rodomontades de sa présidente, qui est décidément bien loin de remonter dans les sondages. Comme quoi, il ne suffit donc pas de s’afficher avec Dieu pour marcher sur l’eau.

Pour en savoir plus : voir le reportage de France24

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