mai 28 2010


alartigue

Y a bon Awards: et les plus grands racistes de l’année sont…

Filed under Société

InrocksLa deuxième édition de la cérémonie qui récompense le pire des propos racistes tenus par des personnalités était organisée jeudi par Les Indivisibles. Le jury n’a eu que l’embarras du choix…

« Nous allons proclamer ce soir les plus grands racistes de l’année, a déclaré en ouverture de la cérémonie Rokhaya Diallo, présidente et cofondatrice de l’association Les Indivisibles. Un hors-course, d’abord: Jean-Marie Le Pen. “C’est une compétition sportive, on ne fait pas courir le coach, plaisantent les présentatrices, Blanche du Jamel Comedy Club et la comédienne Aïssa Maïga. Mais aussi, les comiques et les piliers de comptoir.”

The losers are…

“Française, Français. Rebeus, renois. Et mes chers amis noi-chi”, commence Thomas Barbazan -avec la voix de Jacques Chirac- pour présenter la catégorie “Le Bruit et l’odeur”. C’est Jacques Séguéla qui remporté le prix, co-présenté par Yassine Belattar, pour cette réflexion:

“L’Africain a su préserver une part de rêve qui reste intacte malgré nos sociétés phagocytées par l’argent. Il est très créatif et garde un culte de la langue que nous n’avons plus. Il garde une pureté, une innocence, une naïveté, qui est la forme que doit prendre la publicité. L’Africain est heureux malgré les drames qu’il côtoie. La publicité doit réveiller l’enfant qui sommeille en nous. La force de l’Africain, c’est de savoir garder cette part enfantine que les autres adultes effacent.”

La concurrence était pourtant rude. Christine Okrent faisait aussi partie des nommés pour avoir demandé en parlant de RFI (Radio France International) : “Comment va radio tam-tam?” Et le maire UMP de Francoville pour sa boutade sur Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val-d’Oise : “Au début, j’ai cru que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG.”

Dans la catégorie “Origines Contrôlées”, la banane d’or revient au président de la République Nicolas Sarkozy. Une récompense bien méritée pour son discours prononcé lors de la cérémonie de remise de la légion d’honneur à Dany Boon, à qui il avait fait remarquer à grands mouvements d’épaules, qu’avec son nom et ses origines, ça partait mal pour lui…

Ali Soumaré a décerné l’Antilles Award à Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L’Express, pour sa déclaration au moment des mobilisations en Outre Mer :

“Aux Français des tropiques qui veulent travailler à l’antillaise et consommer à la métropolitaine, rappelons qu’il faut labourer la terre arable pour qu’elle lève d’autres moissons que celles du songe et que, hors de la France, les Antilles seraient au mieux une usine à touristes américains, au pire un paradis fiscal rongé par la mafia, ou un Haïti bis ravagé par des tontons macoutes moins débonnaires qu’Yves Jégo.”

Trois heures d’une cérémonie entrecoupée par des sketchs, quelques pubs basées sur des préjugés racistes. Pour les gateaux Bamboula notamment… Et pas mal de séquences extraites de l’émission La ferme célébrité en Afrique, “une émission ostensiblement raciste.”

Grand moment de la soirée, le match des “Zérics” entre le tenant du titre de 2009, Eric Raoult, et le challengeur, Eric Zemmour. Et c’est une victoire par chaos du journaliste et chroniqueur. Extrait (vers 1″30) ou. Et aussi.

Dans la catégorie les Zenvahisseurs, c’est un prix collectif qui a été décerné aux députés du Val-d’Oise Claude Bodin et Yanick Paternotte, pour avoir interdit le concert “Maghreb United” qui “met à l’honneur les appels à la haine et à la violence de personnes n’ayant de cesse de bafouer et d’insulter nos valeurs nationales et tous ceux qui sont chargés de les faire respecter.”

“Un sentiment de dégoût”

La catégorie reine “Pour l’ensemble de son oeuvre” a récompensé le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux pourtant opposé à Georges Frêche et Nadine Morano. Florilège de son oeuvre: le désormais célèbre “Quand y en a un ça va… C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.”

Pour avoir demandé aussi à Mustapha Kessous venu l’interviewer pour Le Monde : “Vous avez vos papiers?” Ou encore pour avoir jugé bon de rappeler que “Fadela Amara est une compatriote, ce qui n’est pas forcément évident”…

La secrétaire d’Etat lui a d’ailleurs bien rendu la pareille, en expliquant que Brice Hortefeux “avait de l’humour”, ce qui lui a valu de décrocher le Prix “Touche pas à mon pote raciste”.

Et pour clore la cérémonie 2009, c’est le maire de Gussainville André Valentin qui a obtenu l’award du “Meilleur espoir”. Avec des propos, il est vrai assez “prometteurs”: “On va se faire bouffer. Y en a déjà dix millions qu’on paye à rien foutre.” Ils étaient pourtant une douzaine à prétendre au titre.

Une édition 2010 particulièrement riche donc. En partie grâce au débat sur l’immigration nationale. “Au début c’est assez gai, on en rit, commente à la sortie Bruno Solo, membre du jury. Puis quand ça commence à tomber, c’est tellement inquiétant qu’il y a une sorte d’accablement dans la salle. On a un sentiment de dégoût.”

En fait, les dérapages racistes, c’est un peu comme dit Hortefeux. Quand y en a un ça va… C’est quand y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. D’autant que “ce sont des dérapages extrêmement contrôlés. Les mecs c’est des pilotes de rallye”, souligne l’acteur. Aucun des “heureux lauréats” n’est venu chercher sa banane d’or. Mais Mustapha Kessous a promis à remettre son prix à Brice Hortefeux.

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 27 2010


alartigue

La Toile défend l’anonymat pour les blogueurs

Filed under Société, Technologie

InrocksUn sénateur a déposé un projet de loi visant à obliger les blogueurs à décliner leur identité. La blogosphère dénonce à coup de posts l’absurdité d’une telle loi.

blogLes post fusent en tout sens. Et l’appel lancé hier par Pierre Chappaz, le directeur général de Wikio, et divers acteurs de l’Internet français a déjà recueilli plus de 1 500 signatures. C’est une proposition de loi déposée par le sénateur Jean-Louis Masson visant à mettre fin à la possibilité, pour les blogueurs non professionnels, de rester anonymes qui a mis le feu à la Toile.

En gros, sa proposition de loi alignerait le statut des blogueurs sur celui des professionnels de l’information pour “faciliter l’identification des éditeurs de sites de communication en ligne”.

“Il s’agirait, s’indigne l’appel, de leur imposer la publication de leur nom, de leur adresse, de leur adresse mail et même de leur téléphone.”

Actuellement, la responsabilité des blogueurs est régie par la loi sur la confiance dans l’économie numérique (LCEN) qui prévoit, dans son article 6, le droit pour les “non professionnels” à protéger leur anonymat. Mais Jean-Louis Masson s’inquiète de la multiplication des “propos inexacts, mensongers ou diffamatoires qui sont, hélas, de plus en plus souvent colportés sur la toile”.

“L’anonymat n’existe jamais vraiment sur Internet”

“L’anonymat fait partie des libertés et des charmes d’Internet”, commente Pierre Chappaz, à l’initiative de l’appel. “Prendre un pseudo une pratique très ancienne, souligne quant à lui Maître Eolas, l’avocat blogueur. “Rabelais ou Voltaire avaient des noms de plumes.”

Et les signataires de l’appel expliquent que “les blogueurs qui choisissent l’anonymat le font pour des raisons liées à leur vie professionnelle ou personnelle. Sans cet anonymat, beaucoup arrêteraient de bloguer.”

Tous voient donc dans cette proposition la preuve de la méfiance de la sphère politique à l’égard à Internet. D’une grande méconnaissance aussi. “Dénigrer Internet est très à la mode en ce moment, note le directeur de Wikio, car les politiques sentent qu’ils n’arrivent pas à contrôler Internet aussi bien que les médias traditionnels.”

“Comme si l’anonymat était forcément suspect, fait remarquer Maître Eolas, plus connu sous son pseudo que sous son véritable nom. Il y a un grand malentendu sur ce terme. On n’est jamais vraiment anonyme sur Internet, puisqu’on utilise toujours un pseudo.”

De l’inutilité d’une nouvelle loi

L’appel insiste sur le fait que cette loi “n’apporterait rien en ce qui concerne la protection contre la diffamation, déjà efficacement assurée par la loi actuelle”.

Aujourd’hui, les blogueurs sont déjà obligés de communiquer leurs coordonnées aux hébergeurs qui peuvent lever l’anonymat en cas de problème.

“C’est une procédure banale, témoigne Pierre Chappaz. Plusieurs fois par semaine, on reçoit des plaintes concernant des billets de blog. Si on considère que la demande est justifiée, on fait retirer le post. Et si une procédure judiciaire est engagée, nous sommes tenus de communiquer les coordonnées des blogueur au juge.”

“La loi française fait figure d’exception en la matière, confirme Basile Ader, avocat spécialiste des médias. Il n’y a pas d’impunité, contrairement à ce que peuvent penser certains.”

Jean-Louis Masson espère aussi faciliter la procédure de droit de réponse. Mais dans une lettre ouverte au sénateur, Nicolas Poirier, responsable juridique chez Overblog, une des principales plateformes de blog, rétorque “qu’il est beaucoup plus aisé de faire publier un droit de réponse sur un blog que sur un quelconque site de presse classique.”

Nicolas Poirier évoque aussi la difficulté d’appliquer une telle loi. “Il est aujourd’hui impossible, à partir des informations communiquées par un internaute, d’avoir la certitude absolue que l’identité qu’il a communiquée est réelle.”

Le risque de l’autocensure

Pour les signataires de l’appel, c’est bien sûr “la liberté d’expression” sur le Web qui est en jeu. Si cette loi était un jour adoptée, un blogueur comme Maître Eolas devrait se dévoiler. “Au risque de s’autocensurer”, pointe l’avocat Basile Ader.

Cette loi est aussi dangereuse pour les internautes, qui “risquent d’être harcelés par des internautes malintentionnés qui, eux, resteront totalement anonymes”, prévient le responsable juridique d’Overblog. Et Nicolas Poirier de provoquer un peu en évoquant les collègues députés ou ministres du sénateurs qui ne “seraient pas enchantés de devoir communiquer leurs coordonnées personnelles sur leurs blogs”. Vu comme ça, on sent bien que les blogueurs n’ont pas trop de souci à se faire.

Un rapporteur a déjà été nommé. Mais Maître Eolas est plutôt optimiste. “Le groupe centriste avec Jean Arthuis a pris position contre la loi et le gouvernement à autre chose à faire que de se mettre dans une nouvelle polémique. Donc on peut penser que cette proposition ne sera jamais mise à l’ordre du jour.”

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 26 2010


alartigue

Guerre de clochers à la mosquée de Drancy

Filed under Religion

InrocksEn janvier, Hassen Chalghoumi, l’imam de Drancy, prenait position contre le voile intégral. Depuis, le collectif pro-palestinien Cheikh Yassine se réunit tous les vendredis près de la mosquée pour prier et demander son départ. Mais le niqab masque en fait d’autres enjeux.

Les hommes, barbus, d’un côté. Les femmes, voilées, de l’autre. Au milieu du ballet des caddies, ils sont une quarantaine en tout, tous membres du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, du nom du chef du Hamas tué en 2004 par l’armée israélienne.

Tout a commencé le 22 janvier. L’imam de la mosquée de Drancy prend position contre le voile intégral dans une interview au Parisien. Trois jours après, des hommes font irruption dans sa mosquée, profèrent des menaces de mort à l’encontre d’Hassen Chalghoumi qui porte plainte le lendemain.

Sauf que ce jour-là, il n’était pas dans la mosquée. Les autres ripostent et portent plainte pour dénonciation calomnieuse. Le doute est jeté sur l’imam et les fidèles divisés. Depuis, rien ne va plus. Hassen Chalghoumi ne se déplace plus que flanqué de deux gardes du corps. Devant la mosquée, des barrières ont été installées. Des vigiles aussi.

Tous les vendredis, jour de prière chez les musulmans, vers 13h00, les membres du collectif Cheikh Yassine se rassemblent sur le parking de l’hypermarché Carrefour de Drancy. Devant les portes, ils abordent les fidèles qui se rendent à la mosquée, un cube orangé tout au fond du parking. Les femmes parlent aux femmes, les hommes aux hommes. En arabe, la plupart du temps, ils les exhortent à ne pas se rendre dans cette mosquée. A venir prier avec eux, à l’extérieur.

Théorie du complot sioniste

Ce que dénonce le collectif, c’est l’ingérence du politique dans les affaires religieuses. Et le “faux imam” qui se permet de parler au nom des musulmans. Selon lui, Hassen Chalghoumi, l’imam de la mosquée de Drancy, n’a pas été choisi par les musulmans. Dans l’islam, c’est un groupe qui choisit l’un des siens pour cette fonction. Dans l’esprit du collectif, il serait instrumentalisé par la communauté juive. En échange, il aurait obtenu sa naturalisation. “Ce n’est pas de la paranoïa”, assure Abdelhakim Sefrioui, à la tête du collectif.

Il y a quelques semaines, le préfet de Seine-Saint-Denis avait pris un arrêté interdisant au collectif de manifester sur le parking du centre commercial, un espace privé, et leur avait demandé de ne plus utiliser de sono. Le collectif a visiblement décidé de la jouer plus discrète.

Et son leader se félicite : “La mosquée s’est vidée. Beaucoup de fidèles vont dans d’autres mosquées, à Bobigny par exemple.” “La mosquée est toujours pleine”, rétorque l’imam Chalghoumi, qui admet que le collectif a quand même réussi à “retourner la tête” de certains fidèles.

14h00, l’heure de la prière. Le groupe des hommes rejoint celui des femmes. Ils traversent la rue, mais n’iront pas plus loin. Ils ont apporté des tapis et des bâches qu’ils installent. Les femmes en retrait contre un muret. Ils sont maintenant une soixantaine et occupent toute la largeur du trottoir.

Le voile intégral, un prétexte pour le collectif

Mi-cérémonie religieuse, mi-réunion politique, la prière va durer près d’une heure. Moitié en arabe, moitié en Français. L’assemblée compte beaucoup de jeunes.

Après le prêche, Abdelakim Séfrioui prend la parole pour résumer les raisons de leur présence ici: “Tout se passe de travers dans cette mosquée. […] Ce sont des gens qui veulent travestir l’islam, déraciner l’islam.” De temps en temps, il est obligé de s’arrêter pour laisser passer un camion bruyant. “Cette salle de prière a été créée par le maire de la Ville et le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Et ils ont mis Chalghoumi à sa tête.” Il évoque “les bourreaux sionistes”, rappelle une manifestation de soutien à la Palestine qui doit avoir lieu le lendemain.

Les propos de l’imam sur le voile intégral : “Un prétexte pour le collectif” selon M’hammed Henniche, secrétaire général de l’UAM 93 (Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis). “Leur combat principal, c’est le sionisme.”

Un opportunisme que confirme le député-maire de Drancy : “La preuve, lorsqu’ils manifestaient devant la mosquée, ils brandissaient des photos d’enfants palestiniens morts… Sefrioui est un homme en mal de reconnaissance, poursuit Jean-Christophe Lagarde, désavoué même par les représentants de la cause palestinienne. Il a pris pour cible Chalghoumi car c’était un moyen de faire parler de lui.”

“Ce type a réussi à semer le trouble parmi les fidèles. Mais il a ensuite été rejeté par la communauté musulmane de Drancy. C’est la démonstration que ce que veulent les musulmans, c’est pouvoir pratiquer leur religion en toute liberté. Qu’ils ne veulent pas qu’un lieu de culte soit le prétexte à une cause politique quelle qu’elle soit.”

Une mosquée très convoitée

L’histoire du niqab, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt pour le collectif. “Le cœur du problème, c’est l’indépendance de la mosquée”, estime Jean-Christophe Lagarde. Elle n’est affiliée à aucune des grandes tendances qui luttent pour le pouvoir au sein du Conseil français du culte musulman. Hassen Chalghoumi parle lui de “jalousies par rapport à une mosquée qui a pris de l’ampleur.”

L’argent aussi. Les mosquées sont financées par les dons des fidèles. Lorsque la mosquée de Drancy a été construite en février 2008, celle de La Courneuve, a vu fondre ses effectifs. Et donc, ses dons.

Mais il y aurait autre chose. Un enjeu de représentation de l’islam de France. “L’année dernière, explique le secrétaire général de l’UAM 93, Hassen Chalghoumi a créé la conférence des imams de France. Une initiative qui a déplu à pas mal de monde.” Il y avait plaidé, entre autre, pour un dialogue interreligieux. “On occupe le terrain laissé vide par le CFCM qui refuse de prendre partie dans les débats”, justifie l’imam.

Dans cette histoire, Chalghoumi, souvent décrit comme “naïf”, et qui prône un islam plus ouvert, s’est peut-être attaqué à plus gros que lui. Dans un an, il y aura des élections au CFCM. L’iman aurait pu venir jouer les perturbateurs. “Maintenant qu’il a été ébranlé, ridiculisé, commente M’hammed Henniche de l’UAM 93. Sa parole est discréditée.”

Mais la mosquée de Drancy risque encore de faire parler d’elle. “C’est une guerre d’usure, prévient Abdelakim Sefrioui du collectif Cheikh Yassine. Nous continuerons tant que l’imam ne partira pas.” Hassen Chalghoumi non plus n’est pas prêt d’abandonner. “C’est mon combat”, s’exclame-t-il. Son livre, Imam et républicain, sortira le 10 septembre. Il promet : “Il va y avoir du débat.”

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 24 2010


alartigue

A Paris, l’apéro géant Facebook à l’eau

Filed under Société

InrocksDes CRS et presque pas d’alcool. A Paris, hier, la stratégie de dissuasion de la police a eu raison de « l’apéro géant » organisé via Facebook.

Apéro géantSans alcool, la fête est plus molle… A l’heure de l’apéro, dimanche, il y avait du monde sur le Champ-de-Mars. Des centaines de CRS postés tout autour de la zone. Des dizaines d’autres qui patrouillaient sur les pelouses. Des grappes de journalistes aussi. Et beaucoup de familles, touristes et autres pique-niqueurs du dimanche installés autour de saucisson et de chips avec… des jus d’orange ou du coca. Voire pire. L’ambiance était, elle, plutôt tiède.

Mais au fait c’était où « l’apéro géant » où l’on attendait des dizaines de milliers de personnes et qui devait battre tous les records? Com’ réussie pour la préfecture de police qui avait « formellement déconseillé » la fréquentation du Champs-de-Mars. Et déployé un dispositif de sécurité exceptionnel pour fouiller tous les sacs à l’entrée.

Il n’empêche, l’apéro, organisé via un groupe Facebook, avait tellement fait parler de lui que certains sont quand même venus pour voir ça de plus près, en simples badauds. Comme Guillaume, qui analyse de loin la situation.

Certains étourdis venus boire un simple apéro (pas géant) ne se sont pas méfiés. D’habitude, malgré l’interdiction permanente de consommer de l’alcool sur le Champ-de-Mars, il n’y a pas de problème. Mais là, mauvaise surprise.

Dimanche soir, l’alcool ne passait donc pas… Sur la pelouse, pas de bouteille. Les rares à être passées entre les mailles du filet sont bien cachées dans les sacs. En fait, ce dimanche, c’était un peu, le seul jour où il ne fallait pas venir boire un petit coup sur le champ-de-Mars.

Sobriété aidant, tout le monde prend plutôt bien l’interdiction. Seuls quelques uns se rebellent gentiment contre les policiers trouble-fête.

Parce qu’évidemment, l’enjeu et le jeu, du coup, c’est d’arriver à entrer avec des bouteilles sans se faire repérer. Alors, on se prépare. Certains passent des coups de téléphone pour donner des conseils à leurs amis encore à l’extérieur du périmètre de sécurité. Chacun sa technique.

Un peu disproportionné le dispositif policier? « Pas du tout, explique un CRS placé à une barrière le long du site. S’il n’y a pas de bouteilles et que c’est calme, c’est parce qu’on est là et qu’on filtre. Pourvu que ça continue comme ça et on pourra rentrer tôt. »

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 20 2010


alartigue

“Si je reste, soit je fais la guerre, soit je me fais tuer”

Filed under Social

InrocksUn énième rapport est paru sur la situation des mineurs isolés étrangers. Sans famille et souvent sans papiers, ces jeunes ont fuit leur pays. Au centre d’accueil de Boissy Saint-Léger (Val-de-Marne), on s’emploie à les faire régulariser. Et à leur redonner quelques repères.

Le Centre Stéphane Hessel ou Centre d’accueil et d’orientation pour les mineurs isolés demandeurs d’asile (Caomida) est situé juste à côté de la gare de Boissy Saint-Léger, en banlieue parisienne. Terminus du voyage pour les 33 pensionnaires.

Pas question de se faire la malle en Grande-Bretagne. Ceux-là veulent s’installer en France. Un juriste est là pour les aider dans leur démarche. Ici, à la différence des foyers classiques, les travailleurs sociaux sont formés pour les demandes d’asile.

IMG_2827En cette fin de matinée, d’habitude, tout le monde est à l’école. Mais aujourd’hui, c’est férié. Certains discutent au foyer, au rez-de-chaussée de cet ancien hôtel. Jouent aux échecs. Les Afghans avec les Afghans. A la cantine, c’est pareil. Naturellement, les groupes se forment en fonction des pays d’origine.

“Il suffit de suivre l’actualité pour savoir qui on va accueillir”, explique Zine-Eddine M’Jati, le responsable du Centre. L’année dernière, il y a eu la guerre civile au Tchad. En ce moment, on a six Tchadiens. Ces dernières années, on a accueilli beaucoup de Sri Lankais, de Soudanais.” En ce moment, neuf Afghans vivent au Caomida…

On estime entre 6 000 et 8 000 le nombre de mineurs isolés étrangers (MIE) vivant en France. La plupart se concentre en Ile-de-France. Une population difficile à comptabiliser, en constante augmentation. En France, on ne peut pas expulser un mineur. “Ca, tous les pays l’ont compris”, commente le directeur du Centre.

“La marge d’erreur de l’expertise d’âge est de 18 mois”

Pour être admis au centre, il faut être mineur, isolé, étranger, et réellement demandeur d’asile. Moyenne d’âge : 16 ans et demi, 17 ans. “C’est assez logique, justifie Zine-Eddine M’Jati. Seuls les plus résistants sont capables de faire le voyage jusqu’en Europe.”

Il n’y a que quatre filles en ce moment. “En moyenne, elles représentent un quart de l’effectif. On en voit de moins en moins, déplore le directeur, parce qu’elles se retrouvent dans des réseaux dans lesquels on les pousse à se déclarer majeures.”

Certains gaillards, eux, paraissent avoir largement consommé leur majorité… En cas d’absence de papier d’état civil ou de contestation, l’expertise médico-légale est pourtant “de plus en plus systématique”, selon Pierre Henry, directeur de l’association France Terre d’asile. Le test s’appuie sur un examen osseux et sur des critères comme la pilosité. Mais il est sujet à controverse et jugé totalement dépassé : “La marge d’erreur est de 18 mois…”

Mohammed a 17 ans. Il est Somalien, élancé, souriant. Quatre mois qu’il est en France, deux mois au centre, un mois qu’il apprend le Français au Centre. Quand il aura un niveau suffisant, il intégrera une classe de FLE (Français Langue étrangère) dans un établissement du département. Il se débrouille assez bien pour raconter son histoire : “Là-bas, c’est trop dangereux pour moi. C’est la guerre. Si je reste, soit je fais la guerre, soit je me fais tuer.” Il mime un pistolet avec les doigts.

Son voyage n’a duré que quinze jours. Un record quand d’autres arrivent après des mois d’errance. Un homme l’a aidé. Pas un passeur, affirme-t-il. Quelqu’un à qui ses parents ont vendu une maison, là-bas en Somalie, en échange d’un billet d’avion. Quand il pourra travailler, il espère pouvoir envoyer de l’argent à ses parents et à ses deux petites sœurs. Pour l’heure, il est inquiet, il n’a pas eu de contact avec eux depuis qu’il est en France.

Redonner des repères

IMG_2822A Boissy, il n’y a pas que l’aspect administratif à traiter. Il faut aussi soigner le traumatisme par un suivi psychologique. Accompagner ces jeunes “vers la résilience”. “Ce sont des enfants qui ont subi des violences, physiques et psychologiques, qui ont parfois été enrôlés dans des milices ou vu leurs parents se faire assassiner. Sans compter les violences qu’ils ont pu subir pendant le voyage. Il faut essayer de les apaiser.” Souleymane, 17 ans, a fui la Guinée Conakry après que sa mère a été tuée dans une manifestation.

L’équipe du centre a monté une pièce de théâtre : un procès fictif. Mohammed joue l’avocat. Les éducateurs, les prévenus. “On échange un peu les rôles”, explique Tiffanie Siharath, éducatrice spécialisée. Mi-écrite, mi improvisée, la pièce permet de leur faire comprendre “ce qu’est la justice en France, qu’il y a des droits et des devoirs.”

L’occasion aussi de prévenir les actes de délinquance de ces jeunes déstructurés. “Certains ne comprennent pas pourquoi ils sont là.” Le problème, c’est que “les bêtises” peuvent coûter cher. Compromettre, par exemple, l’obtention du statut de jeune majeur qui permet à ceux dont la procédure de régularisation est en cours de continuer à être pris en charge au-delà de leurs 18 ans.

Tout est prétexte à apprentissage donc. Et à donner des repères à ces adultes en devenir. On mange à un heure fixe, on rentre à 18 h. A l’heure du déjeuner, tout le monde met la main à la pâte. Filmon, l’Erythréen, sort des barquettes du four. Chacun se sert et débarrasse son assiette. “Certains vont bientôt partir, il faut les préparer à l’autonomie”, commente l’éducatrice qui supervise les opérations.

Manque de cohérence dans la prise en charge

Dans la vaste problématique de la prise en charge des mineurs isolés, le Centre Stéphane Hessel fait figure de privilégié. Géré par l’association France Terre d’asile, il est le seul qui soit financé par l’Etat.

Ces dernières années, les groupes de travail sur le sujet se succèdent. Le rapport de la sénatrice Isabelle Debré, présenté la semaine dernière, est bien accueilli par les associations. Mais elles ne se font pas d’illusions non plus. “Ce rapport est une bonne chose. Il ne se cantonne pas uniquement à la métrop Isabelle Debré parle bien de mineurs isolés étrangers et non de mineurs étrangers isolés, le terme consacré.

“Mais y a-t-il enfin le début de la possibilité d’application de telles propositions?” Là est la “vraie question” pour le directeur de France Terre d’asile. “Tout le monde se renvoie la patate chaude. Il faut un schéma d’accueil cohérent et la répartition des compétences financières entre l’Etat et les départements. Et que l’Etat finance l’accueil des mineurs isolés.”

L’année dernière, 73 % des mineurs du Centre ont obtenu leur régularisation, statut de réfugiés ou carte de séjour. “Il y a quelques refus, mais à la fin, on arrive à obtenir une régularisation”, développe Zine-Eddine M’Jati.

Malgré les conditions difficiles dans lesquelles vivent souvent ces jeunes, aucun ne veut repartir. “Quand on leur propose de les faire rentrer chez eux, raconte le directeur, ils nous disent : Vous croyez que j’ai fait quatre mois de voyage pour repartir chez moi ?”

Aujourd’hui, c’est férié, mais il y a deux nouveaux arrivants. Des Afghans de 17 ans. D’ici un an et trois mois – c’est la durée moyenne de la procédure- ils peuvent espérer être régularisés.

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 11 2010


alartigue

Le Centquatre à la recherche d’une nouvelle direction

Filed under Culture

InrocksInauguré en octobre 2008, le Centquatre n’a jamais vraiment trouvé sa vitesse de croisière. Alors que la Mairie de Paris doit désigner un nouveau directeur en juin, le collectif “Un autre 104 est possible” met le doigt sur tout ce qui cloche.

Un an et demie après son inauguration en grande pompe, les temps sont durs pour le Centquatre. Le Centquatre? C’est cet immense bâtiment des anciennes pompes funèbres de Paris, ressuscité par la volonté de Bertrand Delanoë pour en faire “un lieu de création et de production artistique unique au monde”. Enfin, c’est ce que dit le site. Parce qu’aujourd’hui, ce qui frappe, c’est le vide. Sans directeur, sans vraiment de public et sans lien avec le quartier, le Centquatre, “Titanic culturel, gît aux lointains fonds du XIXe arrondissement”, selon la formule du critique d’art André Rouillé.

Aujourd’hui, certains y voient même une sorte de “cas d’école”, représentatif du naufrage des politiques culturelles. Ces agitateurs ? Un groupe d’artistes et d’animateurs culturels rassemblés autour du trublion Jean-Marc Adolphe, directeur de publication de la revue Mouvement. Le 30 mars dernier, celui-ci déclarait : “Les promesses du 104 sont en déroute”, et signait un édito dans lequel il appelait à “faire de la politique” en prenant “collectivement la direction du 104″.

A la Mairie de Paris, Christophe Girard, adjoint à la culture de Bertrand Delanoë est conscient des défauts du Centquatre : “Le restaurant a pris du retard, il faut aménager une pépinière d’entreprises, développer une programmation avec beaucoup de public. Mais il y a des choses qui marchent bien : la librairie Le Merle moqueur, le Café, la Maison des petits, le bric-à-brac Emmaus.”

L’échec n’est peut-être pas total. En tout cas, il ne doit pas être définitif. La Ville a investi 102 millions d’euros dans ce projet. Aujourd’hui, elle cherche un nouveau directeur pour succéder à Robert Cantarella et Frédéric Fisbach dont le contrat n’a pas été renouvelé, “d’un commun accord”, affirme diplomatiquement Christophe Girard.

En attendant, depuis plus d’un mois maintenant, le collectif “Un autre 104 est possible” occupe les lieux. Enfin, le petit groupe tient ses AG au Café -une des choses qui marche bien- le mardi et le samedi. Ils ne sont qu’une vingtaine à chaque fois à “faire un l’état des lieux” du Centquatre, mais le groupe revendique 200 soutiens.

“Cette assemblée citoyenne” dénonce un certain nombre “d’anomalies”. Au premier rang desquelles, la “rentabilisation maximale” du lieu et appelle à “respecter le projet initial” qui selon elle a été “perverti”. Car, un an après sa mise à l’eau, le bateau prend l’eau de toute part.

Endetté ou pas?

Problèmes de gestion de ce mastodonte de 39 000 m2 d’abord. Le Centquatre “devait rapporter trois millions d’euros par an en plus des huit?millions de subventions, explique Jean-Marc Adolphe. En réalité, cela a coûté plus que ça n’a rapporté. Et cette logique a englouti toute la marge artistique.”

Pire, le niveau d’endettement en 2009 pourrait même être supérieur à “3,25 millions d’euros, soit plus que le montant de la dotation initiale ” versée au lieu pour assurer son fonds de roulement (3 millions), selon l’audit officieux de Gérard Deniaux. Dans ce rapport, l’ancien directeur financier du Centquatre met en cause la gestion de la Mairie de Paris.

Un rapport qui va dans le sens du collectif pour qui, “les choses ont été faites en dépit du bon sens”. Des exemples ? Le budget chauffage a été “explosé”, le dispositif sécuritaire surdimensionné. Résultat : “Plus un copeck pour continuer à assurer l’accueil d’ateliers d’artistes.” Des incohérences de gestion que relève aussi Christophe Girard : “Il faut que ça change. Il y a des solutions à trouver.”

En revanche, l’adjoint à la culture de Bertrand Delanoë conteste les chiffres avancés par Gérard Deniaux et évoque une “note biaisée”. La Mairie est en train de réaliser son propre audit, mais “pour l’instant, avance Christophe Girard, il semblerait que le Centquatre ne soit pas déficitaire. Il resterait même un peu de trésorerie.” Les conclusions finales seront dévoilées en juin. Pour l’instant, c’est le flou artistique.

Coupé du monde et vide : Du fantasme au malentendu

Des incohérences, il y en a d’autres selon Jean-Marc Adolphe et ses amis. Pour développer ses fonds propres (à hauteur de trois millions d’euros), le Centquatre loue son hall pour des soirées privées ou des défilés de mode. Une rentabilisation qui déplait aux membres du collectif, notamment parce que ces soirées privées n’ont rien de très populaires.

Désenclaver le quartier, un des arrondissements les plus défavorisés de la capitale. C’était pourtant une des ambitions de départ de la réhabilitation. Une utopie peut-être. “Le Centquatre a cristallisé pas mal de fantasmes, explique une salariée. On allait créer un lieu pour les populations du quartier, mais aussi pour les bobos du centre de Paris…” En tout cas, niveau proximité et rayonnement artistique, la greffe n’a pas pris. Sauf pour La Maison des petits, la seule à ne pas désemplir.

Découvrez Le 104, espace d’art contemporain pour les habitants du 19ème à Paris fête son premier anniversaire sur Culturebox !

Quant au vide qui frappe en entrant, et s’il s’agissait d’”un malentendu”, comme le suggère la salariée? “Le Centquatre n’est pas un musée, ni un lieu de diffusion. C’est un peu tout ça. Et avant tout, un endroit où les artistes travaillent.”

Mauvais casting et rumeurs d’appel d’offres

Le tandem Frédéric Fisbach et Robert Cantarella, ce n’était “pas la bonne équipe pour le bon lieu”, analyse l’adjoint à la culture de la mairie. “Leur utopie d’un lieu dominé par le vide et le silence n’est pas acceptable du point de vue de l’argent public”, avait-il déclaré dans une interview en avril. Voilà un point sur lequel Adolphe et Girard sont d’accord. “Des artistes plus que des managers”, justifie une salariée qui rappelle que le Centquatre a essuyé deux grèves, en septembre et octobre. Une erreur que ne refera sans doute pas la Ville. “Mais ils ont mis le Centquatre sur les rails. Maintenant, il faut que le bateau quitte le quai”, admet Christophe Girard. Une sorte de faux départ en somme.

Sauf qu’aujourd’hui, une autre crainte anime les membres du collectif. Que pour assurer la pérennité du projet, la Ville lance un appel d’offres. “Une lubie de gens qui s’appuient sur des hypothèses fausses”, pour Christophe Girard. Jean-Marc Adolphe, lui, n’en démord pas.

“Je ne comprends pas qu’on fasse comme si cet endroit était en train de mourir, alors qu’il est en train de naître”, se désole Christophe Girard. “Nous voulons la foule, que le Centquatre soit vivant”, s’exclamait-il en avril. Car le public ne se bouscule pas. 500 000 visiteurs quand même en un an, d’après la Mairie. Invérifiable.

Début juin aura lieu le Festival Paris en toutes lettres. De nombreux événements sont programmés au Centquatre. Objectif affiché et assumé par l’adjoint à la culture de Bertrand Delanoë : le remplir. C’est aussi le moment où sera désigné le nouveau directeur. Un nouveau départ pour le Centquatre?

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 07 2010


alartigue

Apéro géant: la police met en garde… via Facebook

Filed under Société

InrocksL’apéro géant organisé via Facebook pour le 23 mai sur le Champ de Mars, à Paris, promet de battre tous les records de popularité. Mais la préfecture de police de Paris met en garde organisateur et participants via son tout nouveau compte Facebook.

La préfecture de police a désormais un compte Facebook. Hier, elle a diffusé un message à l’adresse de l’organisateur de l’apéro géant qui doit se tenir le 23 mai sur le Champ de Mars à Paris. “C’est la seule façon qu’on a de contacter les organisateurs de ce genre d’événements”, explique Renaud Vedel, le chef de cabinet adjoint du préfet de police.

Un message en forme de mise en garde : “Je souhaite attirer votre attention sur les risques graves pour la sécurité des participants que ferait courir un grand rassemblement de personnes, s’il n’était pas organisé et encadré par ses promoteurs, tant sur le plan de la sécurité civile et sanitaire que sur celui de la gestion du public.”

C’est Marseille qui a lancé le mouvement il y a quelque mois. Et depuis, via Facebook, ce genre d’événement se répand comme une trainée de poudre. Et embarasse les autorités. Du coup, “on a renforcé notre acuité, on regarde très régulièrement sur le réseau social”, commente Renaud Vedel.

A chaque fois, c’est la surenchère. 6 000 participants à Rennes, 7 000 à Brest. Un aperçu de ce que ça peut donner. Ici, à Nantes, 2 500 personnes environ.

Et l’apéro géant de Paris promet de battre le “record du plus grand apéro de France”. 13 000 personnes ont déjà confirmé leur présence sur le compte Facebook de l’organisateur.

Six mois de prison et 7 600 euros d’amende

“Juridiquement, lorsque vous créez un événement, vous en êtes l’organisateur. Donc le responsable. Ce qui implique, en premier lieu, de déclarer la manifestation.” C’est l’objet du message. Que le ou les organisateurs –la police ne sait pas qui ils sont- viennent déclarer la manifestation à caractère festif. C’est le terme consacré. Et une obligation prévue par la loi. Dans le cas contraire, les contrevenants s’exposent à une peine de six mois d’emprisonnement et de 7600 euros d’amende.

Si on parvient à les identifier. Pour cela, il faudrait lancer une procédure judiciaire. “Pour l’instant, on se contente d’une mise en demeure sur Facebook”, explique le chef de cabinet adjoint du préfet de police.

Le Champ de Mars, où doit se tenir l’apéro, a en plus une particularité: la consommation d’alcool sur les pelouses est interdite par un arrêté préfectoral datant de juin 2008.

Alors, dans son message sur le mur du groupe Facebook, la préfecture brandit la menace : “Le fait de contrevenir au règlement des parcs et promenades de la ville de Paris est passible d’une contravention de la 5e classe, soit une amende 1 500 euros au plus.”

Stratégie de dissuasion

C’est pour l’instant le seul moyen pour la police de limiter l’ampleur de l’apéro : faire peur aux organisateurs et aux participants.

La préfecture “a autorisé et veillé au bon déroulement de 3126 rassemblements festifs en 2009.” Et “le droit à se rassembler sur la voie publique est une liberté fondamentale qu’elle a pour mission et pour habitude de garantir” précise le message. Tout en indiquant cependant qu’elle a “le devoir de prendre en compte les enjeux de sécurité des participants”.

Renaud Vedel se défend donc de vouloir pousser les organisateurs à annuler la manifestation. Même s’il l’avoue : “L’option ne nous déplairait pas. Mais pour l’instant, on fait de la pédagogie pour essayer de convaincre les participants que ce n’est peut-être pas la meilleure façon de s’amuser. On incite tout le monde à réfléchir sur le sens d’une telle manifestation.”

Et il rappelle qu’un dispositif de protection civile et sanitaire doit être mis en place par l’organisateur. “Car les risques n’ont rien de théorique”, prévient-il. Notamment en terme de “sécurité publique”. Références à l’appui : “Sur le même site, en juin 2008, de graves incidents ont d’ailleurs émaillé une soirée festive célébrant la fin des épreuves du baccalauréat, rappelle le message adressé aux participants. La soirée s’était soldée par 29 interpellations. “De même, lors d’un évènement similaire qui s’est récemment tenu à Rennes, 14 personnes ont dû être hospitalisées, la plupart pour excès éthylique.”

Autre moyen de limiter les ardeurs de l’organisateur. La note de l’apéro peut vite devenir salée. Frais de nettoyage, de dégradation et de sécurité restent à sa charge. “Un poste de secours coûte cher et il y a des risques de dégradation du patrimoine. Imaginez, 10 000 personnes qui piétinent tout.”

Et parfois cette politique marche. A Arcachon, un organisateur a lui-même renoncé à son projet après un entretien d’une heure dans les locaux de la police municipale.

Rien n’est donc fait pour l’apéro. D’autant qu’en avril, la police a interdit des “apéros géants” qui devaient avoir lieu à Foix et à Montpellier. Avec succès. Pas comme à Caen où 1 800 personnes ont bravé l’interdiction. Si le message de la police n’a pas entamé les envies de fête de l’organisateur, la préfecture de police se réserve encore la possibilité d’interdire l’événement. Peut-être pas de quoi empêcher la tenue de l’événement, mais sans doute d’en limiter sérieusement l’ampleur.

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

mai 05 2010


alartigue

Un site de rencontre pour les amoureux d’Apple

Filed under Technologie

InrocksLa marque à la pomme n’en finit pas de déchainer l’imagination. Un site de rencontre réservé aux fans d’Apple sera lancé en juin.

On connaissait les sites de rencontre pour les gens de la même religion ou de même tendance politique. Cupidtino, lui, s’adresse aux fans d’Apple qui souhaitent rencontrer des gens comme eux -pommés de l’amour- pour faire connaissance et plus si affinités.
apple
“Les fans de Mac et d’Apple, décrit le site, ont souvent beaucoup en commun – la personnalité, des professions créatives, un même sens du style et de l’esthétique, et, bien sûr, l’amour de la technologie. Nous pensons que ces raisons sont suffisantes pour que deux personnes se rencontrent et tombent amoureuses, et par conséquent nous avons créé le premier site de rencontres pour vous aider à trouver d’autres amoureux de Mac autour de vous”.

Cupidtino, c’est la contraction imprononçable de Cupidon et de Cupertino, la ville où siège l’entreprise. Meetic au moins avait trouvé un vrai nom avec un jeu de mot. Là, on pense plus à cupide qu’au Dieu grec avec l’arc et la flèche.

Voilà en tout cas qui va encore faire de la promo gratuite à Apple. Quoi de mieux pour assurer l’avenir de la firme à la pomme que de la leur faire croquer. Après, faut voir si les fans d’Apple sauront passer du email au iBisou sur la bouche, jusqu’à fonder une véritable tribu de fans d’Apple haut comme trois pommes…

Le site est basé à San Francisco et a été créé par trois anciens de Google, Microsoft et Yahoo. TechCrunch lui consacre une analyse un brin ironique (dernier paragraphe surtout), mais néanmoins intéressante.

Le lancement est prévu pour juin. En attendant, vous pouvez déjà vous inscrire pour tester la version bêta. Quoiqu’il en soit, il vous faudra attendre pour rencontre votre pomme-soeur. Lors de l’inscription, le site précise qu’il vous préviendra lorsque la version bêta sera prête, “fin mai, début juin.”

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

avr 22 2010


alartigue

Peut-on s’essuyer les fesses avec les symboles nationaux ?

Filed under Culture, Société

InrocksDéchirer ou brûler le drapeau tricolore. Siffler la Marseillaise ou représenter une Marianne nue. Peut-on tout faire avec les symboles de la République ?

drapeauUn homme en train de s’essuyer les fesses avec le drapeau tricolore. La photo, primée le 6 mars dans la catégorie “Politiquement incorrect” d’un concours organisée par la Fnac de Nice a fait grand bruit. La question n’est pas vraiment de savoir si on peut utiliser le drapeau tricolore comme du papier toilette ou si la photo est d’un goût douteux. Mais plutôt si l’on peut être condamné pour ce genre de provocation.

Selon l’article 433-5-1 de 2003 du Code pénal, la réponse est oui : “Le fait, au cours d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d’amende.” Et le texte ajoute que “lorsqu’il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.”

Choqué par la photo, le préfet de Nice avait donc saisi le procureur de la République de Nice.

Sauf qu’en 2003, dans la foulée de cette loi, le Conseil constitutionnel avait émis une réserve à cette disposition, considérant que “sont exclus du champ d’application les œuvres de l’esprit”.

C’est là que le bât blesse. L’artiste, auteur de la photo, ne saurait donc être poursuivi. Une réserve qui n’a pas échappé au procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, lequel avait d’ores et déjà classé le dossier sans suite. Seulement, mercredi, la ministre de la Justice a indiqué vouloir faire “évoluer” la loi si elle ne prévoit pas de sanctionner “un acte aussi intolérable”.

“La liberté d’expression prime toujours”

Un emballement qui fait bien rire l’avocat Emmanuel Pierrat. La loi de 2003 sur l’outrage au drapeau et à l’hymne national a été votée après le match de foot France-Algérie, au cours duquel la Marseillaise avait été copieusement sifflée. “Autrement dit, on a voté dans la précipitation une loi démagogique. Et, à ma connaissance, depuis, elle n’a pas servi.”

Il poursuit : “Devant un juge, il y a de grandes chances que la loi ne tienne pas. En droit, on prend toujours en compte l’élément matériel et l’élément intentionnel. Dans le cas d’un drapeau brûlé par exemple, l’élément matériel, c’est le fait de brûler le drapeau. L’élément intentionnel, le fait d’outrager le drapeau. C’est vague… Il faudrait prouver qu’il y a une intention haineuse, ce qui semble compliqué. Et dans le cas de cette photo, le côté artistique l’emportera toujours,” juge l’avocat.

D’autant que, jusqu’à preuve du contraire, dans une démocratie, la liberté d’expression est un droit. “En France, la liberté d’expression prime toujours, tranche Emmanuel Pierrat. La déclaration universelle de 1789 fait partie intégrante de notre Constitution. Dans la hiérarchie législative, cette loi imbécile sur l’outrage au drapeau ou à l’hymne national est toujours inférieure.”

En cas de condamnation, les recours sont nombreux

Mais admettons qu’en dépit de tout cela, le photographe soit quand même condamné, il existe des recours. En Cour de cassation puis devant la Cour européenne des droits de l’homme. Et, elle ne plaisante pas avec la liberté d’expression. L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme précise, en effet, que la liberté d’expression “vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction de la population.”

Conclusion : la loi vous interdit de piétiner, déchirer ou de vous essuyer les fesses avec le drapeau tricolore. Ou de huer la Marseillaise. Mais dans la pratique, les risques d’avoir des ennuis avec la justice sont minces.

“On voit bien qu’une loi contre l’outrage à la Marseillaise n’a pas de sens, sourit Emmanuel Pierrat. Il faudrait enlever des bacs la version de Gainsbourg et toutes les parodies. Sans compter que la version officielle a déjà été amputée de deux couplets, ce qui signifie qu’elle a déjà été outragée !”

No responses yet

avr 21 2010


alartigue

De la “Padre cup” à “Jesus is my boss”, l’Eglise se veut branchée

Filed under Religion

InrocksChampionnats de kart, flyers, recours à des agences de com, affichage… l’Eglise tente de dépoussiérer son image pour recruter ou se financer. Florilège.

“Je suis un homme parmi d’autres. J’ai entendu et répondu à l’appel du Christ. J’aime la vie. Je suis prêtre!” Timothée, cheveux au vent, veste négligemment jetée sur l’épaule. Cool attitude et… col romain. La campagne de communication lancée hier jusqu’au 5 mai est pour le moins offensive.

Encarts publicitaires dans Le Pèlerin, Le Monde et Le Figaro, brochure expliquant le métier de prêtre, “Cart-Com”, distribuées dans des cafés, restaurants, et cinémas. “Jesus is my boss” dit le badge du futur prêtre. Sacrément tendance tout ça. Sans compter un groupe Facebook et un site Internet, etpourquoipasmoi.org. Décidément, l’Eglise vient de prendre un coup de jeune.

Le but, susciter des vocations et enrayer la pénurie des prêtres. “On voulait interroger, interloquer le public, explique Frédéric Fonfroide de Lafon, le directeur de Bayard service, filiale de Bayard spécialisée dans l’accompagnement des communautés chrétiennes qui a élaboré le projet. Faire comprendre aux gens aussi que le prêtre n’est pas quelqu’un dans un autre monde, mais que c’est un homme qui vit dans son époque. Et pour l’instant les retours sont très positifs. C’est fait avec beaucoup d’humour. Du coup, tout le monde en parle.” Coût de cette campagne de “revalorisation” : entre 200 000 et 250 000 euros.

“Faire de la pub pour l’Eglise, c’est très difficile car on ne vend ni un produit ni une marque mais une proposition.” D’autant que cette initiative tombe mal. En plein scandales pédophiles. “La campagne était programmée avant l’effervescence médiatique autour des prêtres pédophiles.”

Seul bémol, hier, France 3 se lançait à la recherche du séduisant Père Timothée, censé officier dans le diocèse de Langres. En vain. La boîte de com confesse l’embauche de mannequins pour la publicité. “Quand on voit une pub avec un banquier qui chante à la télé, on sait très bien que le gars n’est pas banquier, là c’est pareil.”

Le denier du cult(issime)

Une campagne nationale, c’est une première. Mais face à l’érosion des dons due au vieillissement des fidèles, certains diocèses débordent d’inventivité pour frapper fort les esprits (saints). Et visiblement, là aussi, audace et second degré ne font pas partie des péchés.

En mars dernier, le diocèse de Nancy se payait une campagne pour le moins dans l’air du temps. Le slogan : “En 2010, Jesus Crise. Donnez, que diable!” Tout ça en 4×3 dans les rues de la ville.
padre
A la même période, le diocèse de Rennes lançait une série d’affiches flashy. Sauf qu’elles disait, “L’Eglise est riche” avec un astérisque qui ménage le suspense : “de sens, d’amour, de bénévolat, d’espérance… Mais elle a besoin de vous.” Utiliser les codes de la consommation pour parler de l’Eglise, sacrilège ? Pour toucher les jeunes, elle ne lésine pas sur les moyens en tout cas : 650 000 euros pour financer cette campagne réalisée par l’agence Euro-RSCG.

Flyers et championnat de kart

La “Padre cup”, ça ne vous dit rien ? Voilà comment l’événement est décrit sur son site : “Ils sont jeunes. Bac plus huit minimum. Ils sont célibataires. Ils sont pros. Ils n’ont peur de rien. Surtout pas que le Ciel leur tombe sur la tête… Ils avaient trouvé leur voie, ils ont aujourd’hui choisi une piste !”

Il s’agit en fait d’une course de karting réservée aux prêtres et organisée depuis trois ans à Trappes. On a voulu “une initiative décalée pour montrer que dans l’Eglise, il n’y a pas que des négationnistes et des pédophiles !” plaisante le Père Pierre Amar, co-organisateur de l’événement.

Un projet soutenu par la Conférence des Evêques de France. Et par les paroissiens. “Il a juste fallu bien expliquer qu’il ne s’agissait pas seulement d’une private joke entre prêtres, qu’il y avait aussi une dimension caritative.” Chaque tour de piste rapporte de l’argent qui sera reversé à trois associations.

“Et comme l’Eglise n’est pas très douée pour la communication, on fait appel à des pros pour nous coacher !” Une boîte de com classique pour le coup. Mais certaines agences ont fait de la communication religieuse leur spécialité. Via Magnignificat à Perpignan, Exode 3 basée à Laval ou encore BD consultant à Grenoble. “Aujourd’hui, on ne peut pas faire abstraction de supports pro.”

Tout en noir et col romain au cou, le Père Amar brandit une série de “flyers” qu’il a lui-même fait réaliser. L’un annonce « Catéchisme pour les nuls ». Un autre incite les étudiants à « prendre de la hauteur » et à venir discuter autour d’un « apéritif dinatoire topo débat ». “Une paroisse, c’est une petite boîte.” Et pour compléter la panoplie, le prêtre tient aussi un blog ultramoderne (padreblog.fr) avec trois autres jeunes collègues.

Moyenne d’âge des “soixante-dix prêtres qui ont le volant aussi facile que l’encensoir” : 37 ans. Des prêtres qui manient le second degré. Un peu too much? “Je suis prêtre, ok, lance Pierre Amar. Mais je ne me prends pas au sérieux. Je suis un homme.” La semaine dernière, il est allé voir Green Zone au cinéma avec des jeunes de la paroisse. “Ce qu’ils veulent savoir, c’est si je suis bien dans mes pompes, si je vis normalement, et surtout si je partage les joies et les soucis de ce monde. Prêtre, what else ?” Conclut-il. Peut-être le prochain slogan de l’Eglise.

Publié sur Les Inrocks.com

No responses yet

Older Posts »