Comment arrive-t-on encore à lancer une revue aujourd’hui ? lancent les étudiants de l’IPJ à leur invité Patrick de Saint-Exupéry. Tout de suite, le ton de la conférence est donnée par le journaliste reporter du Figaro : « Ce que propose XXI est inédit, vous ne le trouverez nulle part ailleurs ».

Accompagné du responsable du blog dédié, Michael Neuman, il est venu présenter le fruit d’une réflexion de plus d’un an. La vocation de ce trimestriel ? Sortir des chemins classiques, répond Patrick de Saint-Exupéry. Une singularité qu’il décline sous toutes ses formes.

« Eprouver le réel » serait le credo avancé par le co-créateur de ce magazine à la frontière du livre. Avec Laurent Beccaria, ils ont pris le pari du « journalisme de récit », un travail d’artisan qui redonne au reportage toute sa dimension. Celle de pouvoir » être dans l’histoire » et non pas au-dessus d’une histoire que l’on cherche à interpréter, décortiquer à tout prix, au risque même de la dénaturer.

A travers des odeurs, des sons, des images, du texte, chacun des auteurs de XXI rend compte d’une réalité vraie. D’où l’interrogation concernant le recours au dessin, aux illustrations en lieu et place de la photographie. « On voulait de la vraie photo, non pas des clichés sans valeur pour boucher les trous », justifie-t-il.
Et cette authenticité, Patrick de Saint-Exupéry en a à revendre. Sa vision quelques peu utopiste d’un journalisme sans contrainte qui ferait la part belle à « la passion et l’envie » de ses contributeurs, peut surprendre. Elle reflète pourtant le parcours d’un homme nostalgique de l’ère Hersant. Un Robert Hersant qui, le soir, allait respirer le papier à peine sorti des rotatives.
Ainsi, explique-t-il longuement, cette démarche répond à l’état actuel de la presse. Une presse qui suit irrémédiablement le processus amorcé par les patrons de presse : réduction des coûts et des contenus. Pour preuve il raconte : « Sur les deux dernières années au Figaro, j’ai pu observé une évolution sémantique significative, raconte qui au mot titre a substitué la marque, au journal, le produit et au lecteur, l’acheteur. »

C’est donc à une véritable prise de risque que cette équipe de philanthropes s’est adonnée. Faire un projet qui ne serait plus destiné à une cible consommatrice d’info préfabriquée mais à un lecteur curieux. Offrir à ses auteurs – journalistes, photographes, maquettistes, dessinateurs – un « terrain de jeu » sans règles écrites et surtout sans publicité.
Alors quand on avance le prix de 15 euros, quelque peu élevé, la réplique est immédiate : « les choses ont une valeur et, conclue-t-il, payer pour un journal, c’est aussi acheter le droit de hurler si je ne suis pas content ». A bon entendeur…

Pour consulter le blog de XXI



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