L’Europe au Proche-Orient, “60 ans d’impuissance”
Posted by: Auriane Boudin in Articles en vrac'« Aujourd’hui, le grand problème de l’Europe au Proche-Orient, c’est qu’elle est désunie », a jugé Richard Lebeau, historien spécialiste du Proche-Orient, lors d’une conférence, donnée mercredi soir à l’Institut Pratique de Journalisme.
Un éclairage qui prend tout son sens au lendemain, de la conférence d’Annapolis, qui réunissait aux Etats-Unis les principaux protagonistes du conflit israélo-palestinien et qui, selon lui, « met en lumière l’absence de l’Europe ».
Un constat vieux de plus d’un siècle selon l’historien qui a rappelé les grands traits d’une politique européenne « marquée par les divergences ».
Après avoir défendu le sionisme pendant près d’un demi-siècle, a-t-il rappelé, « 1973 a marqué un tournant dans la politique européenne ».
Guerre du Kippour et premier choc pétrolier, c’est à ce moment que « l’Europe, se positionne comme le parrain du futur Etat palestinien ».
Une position « officialisée », selon lui, « les 12 et 13 juin 1980 lors de la Déclaration de Venise », quand les neuf Etats de l’Union Européenne y posent les grands fondements du dialogue euro-arabe.
Comment expliquer alors que l’Europe, qui a déjà versé dix-sept millions d’euros à l’Autorité Palestinienne pour la reconstruction, « ne fasse plus partie aujourd’hui des parrains du processus de paix », s’est-il interrogé.
L’historien a pointé la complexité de retrouver ce rôle face au géant américain dans une Europe à 27, tiraillée entre ses anciens principes et les intérêts atlantistes des nouveaux membres . Une Europe dont les Israéliens « ne veulent pas entendre parler » et que les Arabes considèrent comme un banquier et non comme un appui militaire ».
A Annapolis mardi, le président américain a donné un an aux Palestiniens et aux Israéliens en vue d’un traité de paix. L’espoir de Richard Lebeau? « Que les négociations se poursuivent jusqu’en 2008, date d’arrivée d’une nouvelle administration américaine. »
Même si, pour cet historien égyptologue, « La diplomatie est un énorme paquebot. C’est très difficile à déplacer. »
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