Relaxe générale. Dix minutes d’audience pour clôturer seize ans d’instruction. Inadmissible. C’est ce que ressent une des familles des victimes. Pascal et Claudine reviennent sur la mort tragique de leur fils.
Dans la salle des criées du tribunal de grande instance de Paris, le président de la cour annonce le verdict. À l’extérieur, de nombreuses familles, constituées partie civile, n’ont pas pu rentrer faute de place. Quelques instants plus tard, la confusion s’installe. Des familles franchissent la porte de la salle d’audience. Le jugement est sur toutes les lèvres. Relaxe générale pour les six médecins et pharmaciens inculpés. Dans son jugement, le tribunal souligne que les prévenus « n’avaient pas conscience à partir de 1980 d’exposer les malades traités par ce médicament au risque de contamination par la maladie de Creutzfeldt-Jakob ». Colère, écœurement et sentiment d’injustice envahissent le hall. « On a tué nos enfants une deuxième fois. Nous étions dans une catastrophe sanitaire, maintenant c’est aussi d’une catastrophe judiciaire qu’il s’agit », s’emporte Jeanne Goerrian, présidente de l’Association des victimes de l’hormone de croissance. Sonnés, Claudine Frébillot et son compagnon Pascal Dubos, ont perdu leur fils unique en 1995, mort de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. « C’est une mascarade. C’est ça, la justice française ? Par ce verdict, la cour rend fautives les familles. Ça donne l’esprit général du procès, on nous a culpabilisés », s’indigne le couple. À leur tour de prononcer leur propre verdict : « C’est un procès de pure forme, pour boucler l’affaire. » Un espoir cependant : le parquet a fait appel pour trois des prévenus.
Quelques jours plus tôt, chez eux, Claudine et Pascal racontaient leur histoire et celle de Franck, l’enfant qu’ils ont perdu quand il avait 21 ans. Claudine sort d’une pochette le texte qu’elle avait prévu de lire devant le tribunal, lors de l’audience des familles des victimes, en avril 2008. Des notes qu’elle n’a pas eu besoin de lire une fois à la barre. Les mots sont venus tout seuls. Continue reading ‘Hormone de croissance : le calvaire d’une famille’
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Hormone de croissance : le calvaire d’une famille
Published février 3, 2009 Uncategorized 0 CommentsTags:claudine frébillot, creuzfeld-jacob, institut pasteur, pharmacie centrale, procès hormone de croissance, victimes
L’explication d’un scandale sanitaire
Published février 3, 2009 Police/Justice , Société 0 CommentsTags:association des victimes de l'hormone de croissance, fernand dray, institut pasteur, jeanne goerrian, pharmacie centrale, procès hormone de croissance relaxe générale janvier 20
Procès de l’hormone de croissance. Sept médecins et pharmaciens sont poursuivis pour homicides et blessures involontaires ainsi que tromperie aggravée. Jusqu’en 1987, France Hypophyse, une association liée à l’État et dirigée par le Pr Job (décédé en octobre dernier), collecte des hypophyses sur des cerveaux humains, dans les morgues françaises, hongroises et bulgares. L’Institut Pasteur, dont le Pr Fernand Dray dirigeait l’unité de production des hormones de croissance, extrait et purifie l’hormone. Puis la pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, dirigée à l’époque par Henri Cerceau, conditionne le produit et le distribue. Le tout sans respecter les mesures d’hygiène et de sécurité.
La commercialisation de l’hormone de croissance naturelle a lieu de 1973 à 1988, sans autorisation de mise sur le marché, ni de visa ministériel de contrôle. La défense se retranche derrière cet argument : « à l’époque, nous n’avions pas les connaissances scientifiques pour déceler les dangers ». Pourtant, en 1980, le Pr Montagnier transmet une note soulignant le danger de transmission d’encéphalopathie par les hypophyses. Ses recommandations seront sans effets. Dès 1985, les États-Unis ont stoppé cette prescription après la mort d’un enfant. L’hormone de croissance synthétique est créée outre-Manche en octobre. En 1992, le rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) dénonce « des précautions manifestement insuffisantes », « des décisions risquées », « un cadre juridique imparfait » et « l’information inadéquate des parents ».
Jeanne Goerrian, la présidente de l’Association des victimes de l’hormone de croissance estime que les trois quarts mondiaux des cas de Creutzfeldt-Jakob sont français.

