PROCES FERRARA, PARIS. Petit, chauve et grosse croix en or autour du cou, Antonino Di Mino s’empêtre dans ses contradictions. Jeudi 13 novembre, face à la cour et aux accusés, ce propriétaire d’un garage de Drancy (Seine-Saint-Denis) nie en bloc les déclarations faites aux enquêteurs en 2005. A cette époque, Antonino Di Mino a affirmé avoir vu trois des 20 complices présumés (Zaher Zenati, Karim Bouabbas et Bachir Airouche) d’Antonio Ferrara devant son garage, le 12 mars 2003 à 6h45, au matin de l’évasion du braqueur.
Revenu sur sa déposition en 2006, « il regrette avoir mis en cause » les trois hommes « sous la pression de la police ». Le témoin connaissait Zaher Zenati depuis 1992, date de l’ouverture de son garage. « J’ai peur de la police et du juge. On me disait, on va dicter ce qu’on veut savoir sinon tu sortiras (de prison) à 73 ans », explique Antonino Di Mino, 49 ans.
En mai 2003, il a été entendu dans une affaire de braquage avortée de fourgon blindé à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Son ADN avait été retrouvé sur le chargeur d’une kalachnikov qui aurait servi à l’attaque. Antonino Di Mino n’a finalement pas été mis en examen. Un temps soupçonné de complicité dans l’affaire Ferrara, Antonino Di Mino a là encore bénéficié d’un non-lieu. Dans son garage, lieu de rendez-vous des complices selon l’accusation, était garée une ambulance dont la trousse de secours aurait été emprunté par Zaher Zenati pour soigner un membre du commando atteint à l’oeil lors de l’assaut sur la prison de Fresnes.
Regrets
Suite aux accusations de Di Mino, Zaher Zenati a été placé en garde à vue. L’avocate de Zaher Zenati fera d’ailleurs remarquer que « sa déposition est le seul élément contre Zénati. La centaine de demande de mise en liberté de Zénati ont toutes été refusées pour éviter toute pression sur Di Mino ».
A la barre, le témoin répète : « Je regrette d’avoir mis en cause certaines personnes ». Dans le box des accusés, les sourires moqueurs fusent. Antonino Di Mino patauge,s’enfonce dans ses contradictions. « Vous mentez » s’énerve l’avocate générale. C’est au tour de la présidente d’être exaspérée quant elle entend Di Mino sortir un improbable « j’ai jamais dit que l’ADN était à moi », en référence à l’ADN retrouvé sur le chargeur du kalachnikov.
Les déclarations vaseuses du show d’Antonino Di Mino se succèdent. Et soudain, coup de théâtre. « C’est un menteur, il (Di Mino) a vraiment rencontré ma mère », s’exclame Zaher Zénati. Lors de sa déposition, Antonino Di Mino avait nié avoir vu la mère de Zénati. Jeudi, en réponse à Zénati, il déclare : « J’ai tout le temps dit la vérité. Sauf pour sa mère. Il a raison Zénati, je suis un menteur ».
Coup de massue pour la présidente. « Vous avez fait un faux-témoignage, là devant la cour d’assise », s’exclame Janine Drai. La tirade de fin sera pour Ilouli, un des accusés. Il alpague la cour : « il aurait peu-être été utile qu’il (Di Mino) subisse une expertise psychiatrique, non ? ».
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