Chirac is back

Disparu de la scène politique depuis l’élection de Nicolas Sarkozy le 16 mai dernier, feu notre président de la république revient de manière fracassante. 9h35, mardi 13 novembre (une heure avant Valéry Giscard d’Estaing son “faux-frère de la droite”) Jacques Chirac franchit pour la première fois les portes du Conseil Constitutionnel. Au menu, l’examen de la loi Hortefeux sur l’immigration et les deux articles contestés sur les tests ADN et les statistiques ethniques. Refusant le 29 octobre à la cité de l’immigration d’évoquer la loi sur l’immigration, Chirac l’avait jugé, à titre privé, blessante et inutile. Lire la suite…

Pour ce retour en force, (mais pas en forme : renforcement de ses problèmes d’audition) interview exclusive de Chichi à France 2 lors du 20h de mardi. “Je vais assumer ma tâche à ce sujet le plus sérieusement possible. Ce sont souvent des sujets délicats, raison de plus pour les traiter avec délicatesse” explique-t-il, debout, dans son nouveau bureau de la rue Montpensier. Retraité super-actif, il évoque aussi les actions principales de sa fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures, dont “apporter une aide publique aux pays en voie de développement”.

Deux interprétations dans les médias français

Pour les uns, le retour de Chirac sonne comme un défi à Sarkozy. 20 minutes, qui titre Chirac contre Sarkozy , rappelle que les 11 membres qui siègent au Conseil Constitutionnel (CC) ne sont pas forcément favorables à la ligne dictée par Nicolas Sarkozy. Exemple : en août dernier, le CC a donné raison à l’opposition en annulant la portée du dispositif sur le crédit d’impôt des emprunts immobiliers du paquet fiscal. RTL table aussi sur un possible affaiblissement du chef de l’Etat en affirmant que l’Elysée redoute que Jacques Chirac ne convainque les autres sages de censurer les deux articles de la loi d’Hortefeux. AgoraVox est encore plus virulent : “Chirac a entre les mains les moyens de faire écrouler comme un château de cartes le bel édifice érigé par Nicolas Sarkozy, édifice qui lui avait valu les voix des électeurs les plus conservateurs aux dernières élections”.

Pour d’autres, le duel VGE-Chirac prime. Libération ironise en débutant son article par “Plic et ploc de retour pour de nouvelles aventures au CC”. Le journaliste raconte comment l’attribution de leur bureau respectif au CC a donné lieu à un psychodrame feutré. Giscard a exigé d’être traité au moins aussi bien que le nouvel arrivant Chirac. Il a donc récupéré un nouveau bureau plus grand au même étage «noble» que lui. Jean-Louis Debré, président du Conseil, a dû gérer avec humour et diplomatie ces enfantillages. Désormais, il installera autour de la table Chirac à sa gauche et Giscard à sa droite.

Quoi qu’il en soit, face à face difficile avec Sarkozy ou VGE, Chirac touchera 12 000 euros par mois pour son travail au CC. Au final, pension de retraite comprise, il percevra 31 000 euros mensuels. De quoi se faire une retraite dorée, en plus d’être active.

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