24
February
2008
Le match pour l’attribution des droits de retransmission du championnat de football français a commencé en novembre dernier. La Ligue professionnelle de football (LFP) a gagné en janvier deux batailles juridiques face à Canal +. Le Conseil d’Etat et le tribunal de grande instance de Paris ont débouté la chaîne cryptée.
Les deux parties ne souhaitent pas que cet affrontement soit résumé à une histoire de gros sous. Pour justifier sa décision , la LFP reproche à Canal + sa situation de monopole dans la production d’images de matchs de football. « La LFP veut recréer une situation de concurrence qui a disparu en même tant que TPS », explique-t-on à la Ligue.
Une même situation de monopole que la chaîne dénonce si la LFP filme les matchs dans le but de revendre les images aux diffuseurs. Le Conseil d’Etat a conclu le 11 janvier qu’il était incompétent à trancher le litige : il ne constituerait pas « un problème d’exercice d’une prérogative de puissance publique ».
Problème : le désaccord n’est pas tranché puisque le Conseil d’Etat n’est pas la bonne juridiction. Canal + a donc annoncé qu’il allait « examiner toutes les voies légales pour remettre en cause le choix unilatéral par lequel la LFP s’est arrogé le monopole de la production des images de la L1 ».
Suspense jusqu’au 19 février
La procédure lancée par la chaîne cryptée devant le tribunal de grande instance de Paris lui a aussi donné tord, le 18 janvier. Cette fois-ci, Canal + demandait la suspension de l’appel d’offres, en attendant un jugement du même tribunal sur la validité de l’appel. le litige porte sur la validité même de l’appel d’offres de la LFP. Les droits de retransmission du football français a été divisés en 12 lots pour les quatre saisons jusqu’en 2012. Le double par rapport au précédent appel à candidatures. La possibilité d’un magazine programmé le dimanche soir, des négociations directes avec les opérateurs si l’appel d’offres échoue ainsi qu’un prix minimum par lot font partie des autres points de confrontation.
Réponse le 19 février. D’ici là, la phase d’enchères pour la retransmission des droits télévisés pourrait être terminée. Le 31 janvier, la LFP a repoussé d’une semaine sa décision. Les sommes proposées par les différents opérateurs ne sont pas assez élevées. La décision du TGI peut permettre à Canal + de remporter le match sur tapis vert.
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1
February
2008
LIVRE. Deux journalistes de L’Express ont consulté les rapports classés secrets de la gendarmerie de 1940 à 1945. L’ouvrage qui en résulte raconte la vie quotidienne pendant le conflit, vue par les forces de l’ordre.
« Nous avons regardé ces archives avec notre œil de journalistes », explique Eric Pelletier. Ce grand reporter a coécrit avec Jean-Marie Pontaut, rédacteur en chef de L’Express, Chronique de la France occupée, Rapports confidentiels de la gendarmerie. Ce livre, par de nombreuses nouvelles tirées des procès verbaux rédigés par les représentants de l’Etat, relatent la « petite histoire » des Français à cette époque.
Ces fragiles papiers fourmillent d’anecdotes, qu’il a fallu trier de la masse de procès-verbaux qui concernaient le fonctionnement des brigades. « Deux jeunes journalistes nous ont été », précise Eric Pelletier. Les petites histoires sont divisées en quatre grands thèmes : la déportation, la résistance, la vie quotidienne et la libération.
Les faits consignés sont parfois touchants, parfois révoltants. « Un médecin a essayé d’écraser des Juifs avec sa voiture, raconte Jean-Marie Pontaut. Il a été arrêté par les forces de l’ordre. Quand les gendarmes lui ont demandé pourquoi, il a répondu que son beau-frère, qui travaillait au tribunal, lui avait assuré qu’il ne risquait rien en écrasant un Juif. » Face à ces actes que Jean-Marie Pontaut qualifie de « saloperie », des personnages historiques apparaissent, comme Jean Moulin, et les gestes de bravoures se dessinent. « Un gendarme rapporte qu’un résistant s’est évadé de l’hôpital où il était gardé, se remémore le rédacteur en chef. En fait, c’est ce gendarme qui a organisé cette évasion, mais il ne peut le dire. »
Le plus important pour les deux journalistes était « de rédiger un livre sur la vie quotidienne des Français, pas un livre sur la gendarmerie ». « On connaît mal les détails, l’extrême pauvreté de la population, même à la campagne », admet Jean-Marie Pontaut. Les maquis ont particulièrement retenu l’attention des auteurs. « Les gendarmes sont les premiers témoins de la résistance, indique Eric Pelletier. Ils rencontrent les jeunes qui ont fui le service du travail obligatoire, pour qu’ils ne basculent pas dans la lutte armée. » Leur proximité avec la population, surtout dans les zones rurales, représente un atout.
Le livre ne se veut pas un travail d’historien : il raconte ce qui peut toucher maintenant de cette époque troublée en France.
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