9
January
2008

Les présidents de clubs se divisent sur la répartition des droits

A l’heure des appels d’offre pour les droits de retransmission du football français, Canal + n’entend pas payer autant qu’en 2005. Sept présidents de clubs se sont unis pour faire face à ce qu’ils considèrent comme une menace à la qualité de la Ligue 1. Ils s’opposent aux présidents des clubs plus modestes, qui souhaitent eux aussi une augmentation des droits mais veulent que les recettes soient mieux réparties.

La ligue de football professionnel a mis en vente les droits de retransmission du football français le 29 novembre dernier. Si Canal + avait déboursé 600 millions d’euros en 2005 pour 3 saisons, afin de mettre à terre son concurrent TPS, la chaîne n’envisage pas de débourser autant pour acquérir les droits de retransmissions jusqu’en 2012.
Or, les droits de retransmission financent à 50 % le football français. Moins d’argent signifie moins de joueurs de qualité. C’est l’argument avancé par sept présidents de clubs qui ont fondé le FAP, Football avenir professionnel. Ils envisagent de faire monter les enchères. « La valeur de la totalité des droits, incluant le mobile et Internet, représentent, je l’ai dit, entre 800 et 900 millions annuels pendant les quatre prochaines années», soutient Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique lyonnais. Il avait estimé que, pour les droits télévisés, 750 millions par saison représentaient un minimum.
Les présidents justifient cette augmentation : « Les audiences sont en hausse quand Canal + choisit les affiches telles que Lyon-Marseille » explique Jean-Michel Aulas. Bref, plus d’argent pour les clubs médiatiques. Car si la règle veut une répartition des droits télévisés équitables entre les clubs, la réalité est tout autre : ce sont les grands qui en profitent. Désormais, les « petits » clubs ne veulent plus de cette différence de traitement qu’ils subissent puisque ce sont les chaînes qui choisissent les matchs diffusés.
Francis Decourrière, le président du football club de Valenciennes, critique ouvertement la création du FAP. Pour lui, « il faudrait d’abord distribuer les droits télés d’une manière équitable. En Angleterre, qu’on prend toujours en exemple, le premier a 75 millions et le dernier 45. Chez nous, le premier a 46 et le dernier 13. » Plus que l’équité, les clubs modestes réclament une justification sportive des matchs retransmis. « Nous, on demande de la transparence, de la justice et de l’équité », poursuit Francis Decourrière.
Le recours porté par Canal + devant le Conseil d’Etat, réclamant la suspension des appels d’offres télévisés, relance le suspens sur le prix des droits de retransmissions. Les présidents, quelle que soit leur motivation, s’accordent sur un unique point : la Ligue 1 a besoin de plus d’argent. «Le pire du pire serait que chacun récupère ses droits télé» conclut Francis Decourrière.



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