10
juin
08

Fred Courant dans tous les sens

« Mais dis donc Jamy, ça veut dire quoi VIH ? »,  « Et au fait Jamy, il est élu pour combien de temps le président de la République ? » Ces questions un brin naïves, ça va faire 15 ans qu’il les pose à son compère et maître marionnettiste Jamy Gourmaud. Et ça va faire 15 ans que petits et grands attendent les réponses avec un intérêt sans cesse renouvelé à chaque épisode de « C’est pas sorcier ».

Fred, il est difficile de le vouvoyer. A 39 ans, il garde cette allure de grand frère aventurier et débrouillard qui connaît les ficelles du métier. De tous les métiers. Et malgré ses « guignoleries » devant la caméra, il est loin d’être naïf. Sur le terrain en permanence, il garde systématiquement le même angle d’attaque. Une seule question pour faire passer le message le plus clair possible : « Il peut venir d’où le problème ? » « Il faut démonter les mécanismes. C’est un vrai travail d’investigation, on est des espèces de mécanos ». 

Pas question de donner son avis ou son point de vue sur les sujets traités.  « On remplit le rôle de passeur. Je prends la position du candide. » Candide mais pas crédule. Au fil des années, Fred s’est constitué un bagage de connaissance sur une variété de thèmes. Un savoir qui lui permet, en aparté, de commenter à chaud l’actualité. La crise alimentaire par exemple. Le voilà très critique des instances internationales qui semblent tout juste découvrir les insuffisances de la politique agricole imposée aux pays africains.

En réalité, à y regarder de plus près, Fred, il a des airs d’Indiana Jones, mais sans l’arrogance de vouloir tout régler lui-même. Pour le côté prof d’abord qui le pousse à tout vulgariser pour transmettre au plus grand nombre. Mais aussi pour la malice propre au mec qui a fait un bout de chemin sur la planète.

Le terrain, il le connaît. Diplômé d’un DESS en droit international il se destine pourtant à une carrière d’avocat. Mais un premier contact avec le journalisme à l’âge de 15 ans le pousse à opter pour l’investigation. Au niveau local d’abord. A l’Evènement du jeudi puis au quotidien de Paris ensuite. Il provoque la chance et bénéficie de la confiance de ses rédacteurs en chef. Depuis il ne s’est pas retourné. « Je ne suis pas quelqu’un qui peut travailler derrière un bureau toute la journée. J’ai besoin de voyager, de rencontrer des gens. Ca permet de relativiser, de partager des valeurs universelles. Et puis j’ai toujours besoin d’une part de risque. Chacun trouve son adrénaline où il peut ». 

Vêtu d’un de ces gilets couleur sable aux centaines de poches, il se laisse tomber en arrière dans le grand fauteuil derrière son bureau. Il connaît la règle mais s’allume quand même une cigarette. « J’aime tout ce qui est interdit ». Beaucoup seraient taxés de prétentieux pour moins que ça.

Fred est avant tout déterminé et un poil impatient. Il faut pourtant savoir s’adresser à un téléspectateur aux personnalités multiples. « On ne peut pas forcément toujours faire les sujets qu’on veut sinon j’irai voir les pygmées, et puis les grandes réserves animalières et la culture Khmer au Cambodge ». Il n’est jamais très enchanté par les émissions de remise à jour sur des sujets déjà traités. On sent bien que la série d’émission de l’hiver dernier dans le milieu hospitalier ne l’a pas tout à fait réjouit. « J’me suis bouffé des hôpitaux pendant tout l’hiver, avec une émission sur le diabète, à nouveau une autre sur le SIDA ». Pas vraiment les grandes steppes d’Asie centrale. Blasé, Fred ?

En l’écoutant parler de ses rencontres au fil des émissions, on dira que non. Et puis il a su s’épanouir au travers d’autres projets et notamment son émission de reconstitution historique, « quelle aventure ! ». Sa prochaine aventure justement ? une émission triple sur les trois grands monothéisme. A l’entendre, c’est pas sorcier.  


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