La grève dure dure. Comme l’indiquait lemonde.fr en milieu de journée, les cheminots ont majoritairement voté, lors d’assemblées générales syndicales, pour la reconduction de leur mouvement. Le consensus cache néanmoins de profondes dissensions parmi les différentes instances de réprésentation des fonctionnaires. Des divergences qui transparaissent dans les médias.
D’abord, cette phrase de Jean-Christophe Le Duigou, chargé du dossier retraites à la CGT, entendue sur France Inter, reprise dans Libération : “Notre objectif n’est pas de faire grève pour faire grève, il est de faire avancer certaines revendications, de répondre aux attentes des personnels”. La direction s’est engagée à reprendre les négociations branche par branche. Xavier Bertrand, ministre du Travail, a annoncé, dans une lettre, la relance des discussions pour un mois.
Mais le front CGT se fracture. Le Figaro rapporte les propos de Didier le Reste, inflexible, qui milite contre l’allongement de la durée des cotisations. “La lettre de cadrage a été analysée par les AG, qui ont conclu que les cheminots ne peuvent s’en contenter”. La base, quant à elle, se cabre et descend dans la rue. Jean-Claude Mailly (Force Ouvrière) reprend cette détermination à son compte et en fait un cheval de bataille : il refuse toute condition à la reprise des négociations.
La proposition de Bernard Thibault encourage les réformistes à emprunter une voie différente. Les Echos rappelle que trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC) estiment bénéficier d’une bonne base de négociations. Se pourrait-il que la Fédération générale autonome des agents de conduite soit à l’origine de cet effritement du front ? Les militants FGAAC étaient bien en grève lors du mouvement du 18 octobre mais pas cette fois. Dès le 10 novembre, un article Reuters détaillait les contreparties accordées au syndicat en échange d’un accord sur la réforme des régimes de retraites. Des avantages qui ont valu aux affiliés de la fédération de recevoir des menaces de leurs collègues.
La grève reconductible pourrait se poursuivre durant le week-end et, comme le soulignait Libération, la tentation est grande de rejoindre les électriciens, les gaziers voire les professeurs, en grève la semaine prochaine. La suite des évènements dépend de la détermination des grévistes “durs” (SUD Rail - FO) à poursuivre la lutte contre l’avis de leurs collègues réformateurs (Unsa - FGAAC - CFDT).







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