Simon Dufour: «Ma qualification aux Jeux est loin d’être assurée»
Posted by: anos in SociétéJ-150. Sur la route de Pékin.
A 29 ans, le nageur Simon Dufour se lance un dernier défi sur 200m dos (sa course de prédilection) : se qualifier pour une troisième fois consécutive aux Jeux Olympiques. Avec 11 titres de champions de France, sa réputation n’est plus à faire dans les bassins de l’Hexagone. Le nageur du Montpellier Agglomération natation UC, détenteur du record de France du 200m dos, espère maintenant briller au plus haut niveau mondial.
Cinquième des JO d’Athènes en 2004, il rêve de s’aligner en août prochain aux côtés des meilleurs spécialistes mondiaux à Pékin. S’il règne sur sa discipline depuis plus de 5 ans, cette année les places pour les Jeux vont être chères avec l’émergence d’une classe biberon qui pourrait le pousser vers la retraite plus tôt que prévu. Verdict au mois de mai prochain lors des championnats de France à Dunkerque. Simon Dufour en pleine période de préparation nous a livré ses doutes, ses espoirs et ses ambitions.
Dans un peu plus d’un mois vous allez nager aux championnats de France pour une qualification aux Jeux Olympiques de Pékin, quel est votre état d’esprit avant cette compétition ?
Les Championnats de France ce sera l’heure de vérité. Ce qui me fait douter c’est qu’à l’entraînement ça se passe très bien, mais en compétition je n’arrive pas à passer un cap. Est-ce que c’est mental ou est ce que c’est parce que je travaille différemment ? Je ne sais pas. A un moment donné ca va passer. J’attends le déclic.
Après votre participation aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000 et à ceux d’Athènes en 2004, j’imagine qu’une non-qualification pour Pékin serait une déception ?
Bien sûr. Dés que je suis revenu d’Athènes, dans ma tête, je pensais déjà à Pékin. Depuis quatre ans je me prépare que pour ça. Cette année normalement j’ai ma place aux Jeux, tout le monde s’attend à ce que je sois qualifié, mais pour l’instant rien n’est fait.
Vous êtes inquiet ?
Dans le sport on est toujours inquiet. C’est le syndrome du sportif. Pour Sydney (2000), ma qualification c’était une surprise. La deuxième fois (Athènes) c’était normal, un objectif clair et net. Cette année ma qualification est loin d’être assurée, mais la motivation est toujours là.
« Les Jeux c’est Disneyland »
La bataille va être rude face à la jeune garde de la natation française (Benjamin Stasiulis et Camille Lacourt) pour obtenir un ticket pour les JO ?
C’est bien. Cela fait 7 ans que je nage tout seul devant, gagner c’est devenu naturel pour moi. Maintenant j’aborde les compétitions d’une autre manière. Ce qui est frustrant c’est que les jeunes sont arrivés, ils ont progressés et je n’ai pas réussi à prendre le train en marche. Pendant les championnats de France de l’année dernière, ils étaient devant et je n’étais pas de la bagarre. J’aurais aimé pouvoir défendre réellement mon titre.
Que représentent les JO pour un sportif comme vous ?
Les Jeux c’est Disneyland. Tu es dans un village avec toute la planète sportive, tu te balade, tu croise des stars. J’ai eu la chance de vivre ça et si j’espère avoir la chance de le vivre une nouvelle fois. Maintenant je vois plus l’évènement sportif natation.
«J’arrêterais après les Jeux»
Votre plus grand souvenir aux Jeux ?
L’entrée en finale à Sydney devant 17 000 personnes, pendant que tu nage même sous l’eau tu entends la foule qui t’encourage.
Un échec signifierait-il la fin de votre carrière ?
Pour l’instant je ne pense qu’aux Jeux, mais après j’ai envie de sortir du milieu de la natation. Cela fait 10 ans que je suis au plus haut niveau et que je mets la natation avant tout donc j’aimerais voir autre chose. Ce qui est sûr c’est que j’arrêterais après les Jeux.
Propos recueillis par Adrien Nos.


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