Londres, samedi 1er décembre, 12 h 30. Une marée bleue déferle sur les abords de Stamford Bridge, le stade du Chelsea Football Club (42 500 places), 3ème du championnat anglais. Venus en famille, entre amis ou en couple, les supporters des Blues, écharpes du club autour du cou, se sont déplacés en masse pour encourager leurs joueurs qui affrontent une autre équipe londonienne, West Ham à 12 h 45.
Tout juste sortie du métro à la station Fulham Broadway, une foule compact se déplace en chantant vers le stade, certains préférant faire un arrêt dans un des nombreux Pub qui entourent Stamford Bridge, attendant les dernières minutes pour pénétrer dans l’enceinte. En face de l’entrée principale, une centaine de « Blues fans » finissent leur dernière bière en entonnant des chants hostiles aux visiteurs. A quelques minutes du début du match, une cloche retentit, c’est le patron du bar, l’un des plus grands fans des Blues qui ferme ses portes pour aller retrouver sa place dans le stade. Pas question de rater ce match, l’un des plus importants de l’année. Non pas que ce Chelsea FC (3e)- West Ham (13e) soit une affiche au sommet, mais la rivalité entre les supporteurs est grande. Tout oppose les deux clubs, les riches de la banlieue résidentielle au sud de Londres (Chelsea FC) reçoivent les habitants de la banlieue populaire de l’est de la capitale, fiers de leurs valeurs de la working-class (West Ham).

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Sur les allées qui bordent Stamford Bridge, nombreux sont ceux qui revendent des tickets au marché noir, l’ensemble de la saison se jouant à guichet fermé. Les prix s’envolent parfois jusqu’à 100-150 pounds la place. « Tickets, tickets », un revendeur nous arrête. 160 pounds les deux places, « trop cher ». Le coup d’envoi du match va être donné dans une poignée de minutes, la négociation s’accélère : 120 pounds pour les deux. Marché conclut. C’est cher pour un match de football français mais en Angleterre c’est le prix à payer pour goutter à l’ambiance d’un match de Premiership. Ce supporteur d’Arsenal nous amène jusqu’à notre tribune : Shed End. « Good game guies » nous lâche-t-il devant l’entrée. Après avoir gravis les marches quatre à quatre, on arrive enfin au cœur de la tribune des supporteurs des Blues, juste derrière les buts, au niveau de la pelouse. Pas de grillage, pas de sécurité renforcée, juste un petit panneau de publicité nous sépare de la pelouse et des joueurs. Un tapis de billard s’offre aux vingt-deux acteurs qui dans quelques secondes viendront fouler la pelouse. Le match a déjà commencé dans les tribunes. Plusieurs milliers de supporters de West Ham donnent de la voix. Le stade leur répond en chantant: « Chelsea! Chelsea! We will follow the Chelsea, over land and sea, Chelsea! We will never be mastered by no northern bastards », en s’adressant aux supporteurs des violets et bleu. Les stars du Chelsea FC (Drogba, etc.) emmenées par Franck Lampard, le capitaine, entrent sur le terrain, suivis de leur adversaire du jour.

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La première mi-temps est pauvre sur le plan du jeu, seul l’engagement sur le terrain fait le spectacle. La proximité des supporteurs et des joueurs m’impressionne. Joe Cole manque son dribble et vient s’écrouler juste à nos pieds, à quelques mètres du poteau de corner. La foule respecte les joueurs, jamais de mauvais geste même envers un joueur adverse. Une situation impensable dans certains stades français.

La deuxième mi-temps sera un peu plus animée, avec un superbe but de Joe Cole, qui servit par Franck Lampard, dribbla le goal adverse et s’en alla marquer dans le but vide. 1-0, score final, pour un match moyen.

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A la sortie du stade la police à cheval encadre les supporteurs de West Ham pour éviter des affrontements avec ceux de Chelsea qui les attendent devant les Pub qui ont réouvert pour fêter la victoire des Blues. Le savoir-faire des Bobbies anglais est impressionnant. Munis de caméras, ils filment les moindres faits et gestes des supporteurs, gardant les images comme preuve en cas de débordements. Les plus excités sont escortés jusqu’au métro sans incidents. Une leçon pour la police française qui a souvent du mal à canaliser les mouvements de foule.

La marée bleue se disperse, sans oublier de faire un petit tour dans l’un des deux Mégastore dédié aux produits dérivés du club, avant de reprendre le métro. Et oui, Chelsea et sa pléiade de stars, c’est aussi du « business ».

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